Personnellement, je n’ai jamais bien compris à quoi servait Sciences PO. Je n’y voyais aucun débouché clair et aucune formation spécialisée comme Polytechnique ou Normale Sup, ou toutes les écoles d’enseignants, d’ingénieurs etc…
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Cette école, fondée en 1872 par Emile Boutmi juste après la défaite de Sedan (qui avait montré par A+B la médiocrité des gouvernants français), avait pour objectif de « créer l'élite qui, de proche en proche, donnerait le ton à toute la nation ». Les femmes n’y seront admises qu’en 1919.
Comme elle a subsisté depuis cette date, il faut convenir que cette école est liée à l’histoire de la République française. Elle a formé cinq présidents de la République de la Vᵉ : François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron. Je ne me prononcerai pas ici sur la qualité des « élites » sorties de cet entonnoir, mais la chronologie me parait aller dans un ordre bien descendant.
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Qu’en est-il réellement ?
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Caroline Beyer est Grand Reporter au Figaro, chargée plus spécialement de l’Enseignement Supérieur.
Elle a constaté que Sciences Po, quoique réservée aux enfants de bourgeois à l’origine (et encore maintenant où environ 70% des inscrits viennent de milieux aisés), intriguait le public. C’est que différents scandales sont venus éclabousser cette institution plus que centenaire ces dernières années.
Il faut remonter au tapageur Richard Descoings, directeur de 1996 à 2012, qui a réformé l’École tous azimuts. Ouverture aux ZEP (zones d’éducation prioritaire, internationalisation ; création de campus de régions, augmentation du nombre d’étudiants étrangers etc)…Descoings a d’ailleurs dépensé sans compter, (et sans respect des règles régissant l’argent public), ne s’oubliant pas lui-même dans un système de rémunérations très opaque. La personnalité de ce directeur était également complètement excentrique : marié, et pourtant vivant avec un compagnon bien connu, il est mort d’un arrêt cardiaque dans un hôtel de New-York où il se trouvait en galante compagnie de deux escort boys.
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Je ne raconte ça que parce que la réputation de cet établissement de prestige n’a cessé, par la suite, de faire jaser. En effet, des directeurs se sont succédés qui ont tous, ou presque, dû démissionner pour des liens avec des personnalités troubles et des atteintes mal venues à la moralité. Il y a deux têtes à Sciences Po, l’une est la Fondation nationale des Sciences Politiques (FNSP qui est l’instance décisionnelle) et l’autre l'Institut d'études politiques de Paris (IEP qui pilote la formation et la recherche). Parfois, c'est le même homme qui assure les 2 rôles, mais en 2021, c’est un « historique » de Sciences Po qui préside la FNSP et Frédéric Mion qui est le successeur de Descoings à l’IEP. Duhamel crûment dénoncé pour ses actes incestueux par sa belle-fille, les deux têtes tombent en même temps. Le successeur de Frédéric Mion, Mathias Vicherat, homme de gauche et ancien copain de promo à l'ENA du président Macron, ne tiendra que deux ans, condamné pour violences conjugales.
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Traditionnellement ancrée à gauche, la gouvernance fraie surtout avec le pouvoir politique dont les ministres, de gauche comme de droite sont souvent d’anciens élèves. Ce petit monde est déjà dans l’entre soi et les combines et on dit bien que le poisson pourrit par la tête.
On en arrive aux étudiants.
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La grande ouverture faite aux étudiants étrangers et aux élèves boursiers (= des banlieues), ainsi que la suppression du concours d’entrée au profit d’une sélection extrêmement confuse (qui semble privilégier les élèves engagés politiquement et qui en arrive à refuser d’excellentes candidatures), a aussi amené à l’école beaucoup plus de filles. On pourrait s’en réjouir si on ne constatait pas que les filles portent, encore plus que les garçons, les idées de la gauche radicale sous la bannière des mouvements néo-féministes. Ce faisant, on aboutit à un mélange explosif de décolonialisme, de luttes intersectionnelles, de questions identitaires, et de genre, de racialisme et de cancel culture, regroupées sous l’étiquette propalestinienne. Foin des Lumières et de l’Universalisme et peu importe que ces luttes divergent radicalement dans la réalité ! !!! « Le combat féministe se trouve absorbé dans cette idéologie englobante et s’engouffre dans l’engrenage de la radicalité ».
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En 1968, l’école n’était pas le fer de lance des contestations étudiantes, mais l’amphi Boutmi avait été rebaptisé Amphi Che Guevarra.
Aujourd’hui, le vote pour Mélenchon a atteint 55% pour les étudiants de Sciences Po alors qu’il n’a été « que » de 36% pour les 18-24 ans du pays. « Cette culture protestataire est particulièrement perceptible chez les doctorants et les élèves de l’école de la recherche, chez les étudiants étrangers et, surtout, chez les jeunes femmes ».
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On en arrive ainsi à ostraciser les étudiants qui « osent émettre un avis nuancé sur le conflit pro palestinien ». La gouvernance de l’École est paralysée quand la terre tremble rue Saint-Guillaume le 12 mars 2024. Dans l’amphi Boutmi, rebaptisé Amphi Gaza, flottent des drapeaux palestiniens. « Et tombe la phrase : « Ne la laissez pas entrer, c’est une sioniste » ».
S’ensuivent toute une série d’actions visant à condamner Israel et à travers son gouvernement, tous les israéliens et tous les juifs, au motif d’un « génocide » perpétré par de nouveaux « nazis », lesquels seraient aussi les derniers « coloniaux » du monde. La Chine au Tibet, on s’en fiche, les massacres de Ouïgours aussi, les génocides africains actuels, même pas un regard etc…
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Les recruteurs finissent par s’alarmer, les donateurs se retirent, (eux dont les stands sont tachés de rouge parce qu’ils sont impliqués dans la fourniture de biens et services à Israël), l’État remet en cause l’indépendance académique de l’École. « La suspicion commence à planer sur Sciences Po ». Alors oui, il s’agissait d’une minorité dans des filières très spécifiques, mais l’image de l’École en a pris un coup….qui lui coûtera cher.
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Le nouveau Directeur Luis Vassy aura fort à faire pour ramener le calme et…le respect des principes républicains dans une École qui ressemble de plus en plus à une Université et….ce n’est pas une référence flatteuse.