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L'islam contre la modernité par Ferghane Azihari, (Presses de la Cité 2025)

L'islam contre la modernité par Ferghane Azihari, (Presses de la Cité 2025)

Enfin un chercheur de vérité qui ose s’éloigner de la doxa martelée à longueur de textes, d’articles, d’émissions : non l’islam n’est pas ce qui pouvait advenir de meilleur pour le Moyen-Orient, non l’islam des Lumières n’est pas du tout une réalité historique, non l’islam n’est pas porteur de modernité bien au contraire.

L’auteur est d’origine Comorienne, donc d’un pays musulman, religion qu’il a abandonnée à sa majorité, avec courage et détermination. Ses parents ont fui la misère pour tenter un meilleur destin en France, ce qui l’a logiquement amené à se poser des questions, même si l’affranchissement personnel lui fut douloureux. Ferghane Azihari, 33 ans, est aujourd’hui un brillant essayiste qui travaille pour des think-tanks français, et qui a déjà publié un essai plaidant pour une écologie raisonnée qui ne sacrifierait pas notre agriculture.

D’entrée, il avoue que son sujet, qui a semé l’inquiétude dans sa famille, n’est pas un réquisitoire contre l’islam. Il aurait bien préféré que « les éditorialistes français fustigent les excès du féminisme en Afghanistan ; que l’Algérie soit submergée par les demandes de visas ; que le Soudan devienne le refuge des arts et des lettres ; que la Suisse s’insurge contre l’exil de ses talents et de ses capitaux vers la Mauritanie »…etc.

Mais voilà, il faut bien constater qu’à l’heure actuelle « non content d’avoir ruiné l’Orient et transformé le berceau de la civilisation en son tombeau, l’islam exporte l’obscurantisme vers des sociétés qui ont mis des siècles à s’en affranchir ».

Ferghane Azihari explique que le monde musulman qui, certes, n’est pas homogène (tout comme le monde occidental d’ailleurs), présente de nombreuses anomalies statistiques au regard de sa population. Les pays musulmans sont dans l’ensemble des pays autoritaires, voire très autoritaires. Ils affichent des niveaux de violence, de xénophobie, de misogynie, d’homophobie, d’antisémitisme et d’actions terroristes bien au-dessus de tous les autres pays. Dans ces pays les minorités religieuses sont parmi les plus discriminées du monde. C’est dans ces pays que se déroule la majorité des conflits armés, étant observé qu’ils n’ont pas, bien sûr, le monopole du fanatisme. Et la Banque Islamique de Développement (basée en Arabie Saoudite) déplore même que seulement 0,1% des découvertes scientifiques originales soient le fait de ces pays qui représentent pourtant ¼ de la population mondiale.

Le monde musulman est donc arriéré sur le plan sociétal et la contribution de ces pays au progrès mondial est extrêmement faible.

L’auteur se penche ensuite sur les raisons de ces constats accablants.

Il tord le cou à une propagande largement diffusée dans le monde musulman et qui prétend qu’avant l’islam, l’Orient était en friche. Grâce à un travail historiographique très rigoureux, il montre que le Proche-Orient dont s’est emparé l’islam, était un carrefour de civilisations toutes plus riches les unes que les autres : la Mésopotamie, la Syrie, l’Égypte, la Perse, notamment étaient porteuses de savoirs précieux, tant en Lettres, en Philosophie qu’en Sciences, héritages qui ont été complètement dépréciés par les musulmans au profit de l’islam seul.  Les musulmans n’ont jamais traduit l’histoire, par exemple, et se sont désintéressés de la philosophie politique, source des démocraties occidentales.

L’Occident a pourtant manifesté beaucoup de curiosité à l’égard des cultures orientales, mais ce besoin de connaitre n’a jamais été réciproque. (Les lettrés européens ont appris l’arabe par exemple, alors qu’Averroès n’a jamais pu lire Aristote, faute de traduction). L’islam n’a pas connu de Renaissance, il a préféré assimiler les populations conquises par la force, et les étouffer sous une surveillance incessante et un sectarisme abrutissant.

« L’islam des Lumières, aussi illusoire qu’un « stalinisme à visage humain » ».

À ce propos, Ferghane comme d’autres apostats d’ailleurs (voir article précédent de Sonya Zadig), ne fait pas la distinction entre islam et islamisme, l’islamisme n’étant que la forme la plus aboutie de l’islam.

En ce qui concerne les questions de colonialisme et d’esclavage, Ferghane parle de négationnisme car « les sociétés musulmanes ont maintenu l’esclavage autant qu’elles le purent, au point qu’elles n’ont jamais été capables de supprimer cette infâme institution de leur propre initiative. Là où la lutte contre l’esclavage en Occident est le fruit d’un processus interne, son recul en terre d’islam est largement imputable aux pressions impériales occidentales. »

Les marchés publics d’esclaves au Maroc ne seront fermés par les Français qu’en 1912, alors que le marché noir subsiste.

Non contents de nier leurs responsabilités dans la colonisation (il n’y a pas UNE colonisation d’ailleurs, mais DES colonisations) et l’esclavage, les pays musulmans censurent quiconque s’aviserait à esquisser la moindre repentance. « Il est difficile d’identifier le moindre monument public dédié à la commémoration de la lutte contre l’esclavage en terre islamique ». Pas de controverse de Valladolid (1550) en terre d’islam car « « Interdire ce que Dieu permet est une offense presque aussi grande que permettre ce que Dieu interdit ».

Il est vrai que le monde occidental s’est fait le champion de l’auto-culpabilité, délestant, au passage, l’indigène de tous ses péchés. L’auteur fait un parallèle avec l’Empire romain : « Au moment où Rome chancelait sous les coups des invasions barbares, l’ascète chrétien Salvien de Marseille excusait ces vandales innocents, car ignorant la morale, à la différence des Romains qui fautaient en connaissance de cause » !!!!

Le barbare bénéficie donc toujours, dans les régimes faibles, de circonstances atténuantes. On ne peut que penser à la situation actuelle en France où l’islamophilie finit par ressembler à un sentiment secret de supériorité à l’égard de ces pauvres hères qui ne savent pas !

Le négationnisme de l’islam en termes de colonisation lui permet de nourrir la fiction que seul l’impérialisme européen est responsable de l’arriération des pays musulmans et que c’est « la cause première à laquelle on puisse imputer la carence des hommes et la paresse des esprits dans ces pays ».

Un livre bien utile pour avoir une idée plus précise et surtout argumentée sur les effets de l'islam au travers des siècles.

 

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R
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R
La lecture de ton billet m'incite vivement à me procurer le livre (de cet auteur je n'ai que "Les écologistres contre la modernité"
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