Décidément, nous avons des réserves d’excellents créatifs en France et ce dessin animé pour enfants (mais que les adultes auront grand plaisir à aller voir), en est bien un témoignage.
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Ce film a demandé 5 ans de travail à son réalisateur Ugo Bienvenu, 38 ans. C’est son premier long métrage et le film a enchanté le Festival de Cannes et le Festival du film d’animation d’Annecy.
C’est un film de science-fiction écologiste. Mais pas de la science-fiction simplement fantaisiste, non, de la science-fiction intelligente et pas trop militante non plus.
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L’histoire ?
Il y a deux périodes et deux « lieux » dans ce film. La première période se situe dans un futur éloigné, et on y voit une humanité, vivant, on ne sait pas où, mais visiblement sur une planète sur laquelle les habitations, au lieu de s’étaler largement sur la terre, sont contenues sur des plates-formes riantes, plantées d’une végétation abondante, et sans environnement toxique. Pas de voitures, pas de constructions laides. Les gens se déplacent grâce à un système mystérieux formé d’une cape arc-en-ciel et d’un diamant qui rendent possibles les vols d’une plateforme à l’autre. C’est une utopie rassurante. Je remarque que l’humanité qui vit dans ce monde est très clairsemée, mais on ignore complètement les conditions d’accès à cette vie dans un futur imaginaire.
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Un petit garçon, qui a l’interdiction de voler de lui-même tant qu’il n’a pas atteint l’âge de 12 ans, emprunte la cape de sa grande sœur et se lance dans l’espace.
Il va atterrir sur une planète qui ressemble à la nôtre, mais une planète qui se situe, elle aussi, dans le futur en 2075. Il y rencontre une petite fille très douée en dessin, on comprendra plus tard qu’elle se destine à devenir architecte, et que ce sera peut-être elle qui pensera les habitats du futur en s’inspirant de ce que le garçon lui raconte.
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Sur notre terre, en 2075, les enfants sont confiés à des robots, pour la garde comme pour l’école, les parents n’apparaissent qu’en hologramme, ce qui les laisse très seuls. Les robots sont des robots humanoïdes, et on arrive même à s’attacher à l’un d’entre eux, le robot nounou appelé Micky.
Mais tout autour la terre va mal, les habitants doivent se construire des sortes d’igloos protecteurs en verre pour éviter les tempêtes et les feux qui détruisent tout. C’est une dystopie.
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Toute l’action du film est guidée par le projet du garçon de retourner sur sa planète, ce qui est rendu impossible par la perte du diamant propulseur.
J’ai trouvé les images très belles, surtout pour les personnages dont les expressions sont particulièrement travaillées et réalistes.
Le texte laisse place à la compréhension, il n’est jamais gnangnan, ni trop explicite. De ce fait, mon petit-fils de 6 ans a eu un peu de mal à tout intégrer. Mais pour des jeunes à partir de 8/10 ans et pour les adultes, c’est un excellent film et je le dis d’autant plus que je n’aime guère les donneurs de leçons écologistes et qu’il m’aurait déplu d’être sermonnée encore une fois.
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Ce qu’il faut apprécier, c’est le point de vue doux amer, le désarroi qui ne demande qu’à rêver à une issue possible, l’enchantement qui vient de la force de l’espoir. Je vais me risquer à dire que ce film, élégant, léger, inquiet, et pourtant confiant dans l’avenir, est « très français » au sens le plus noble de notre identité. La foi finale dans le « changement » qui viendra nous sauver est un sentiment qu’on retrouve partout au milieu du pessimisme français.
Magnifique œuvre d’art….
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Film d'Ugo Bienvenu (1h28)