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Dissolution française: la fin du macronisme par Olivier Marleix (Robert Laffont 2025)

Dissolution française:   la fin du macronisme par Olivier Marleix (Robert Laffont 2025)

Ce livre est un témoignage posthume d’un grand républicain, Olivier Marleix, qui a côtoyé de très près et pendant de nombreuses années, tous les arcanes du pouvoir, au plus haut niveau, mais qui est malheureusement décédé l’an dernier. Je vais tenter de donner un aperçu de son récit.

Fils d’Alain Marleix, ancien secrétaire d’État et député du Cantal, Olivier Marleix s’est très vite fait un prénom en politique en présidant notamment l’Union des jeunes pour le progrès en 1997. Onze ans plus tard, maire d’Anet et conseiller général d’Eure-et-Loir, il est remarqué par Nicolas Sarkozy, alors président de la République et devient son conseiller. En 2012, il est élu député dans la 2e circonscription d'Eure-et-Loir. Il est président du groupe Les Républicains de l'Assemblée nationale de 2022 à 2024. Il est réélu député de sa circonscription aux législatives anticipées de 2024.

Autrement dit, ce n’est pas un homme de gauche, tant s'en faut. Mais il est apprécié pour sa droiture par l’ensemble des partis de Mélenchon à Ciotti. Je pense que c’est un honnête homme.

Or, on l’a retrouvé « suicidé » le 7 juillet 2025 (parait-il qu’il avait une corde au cou alors qu’il était assis et sans possibilité   de vraiment se pendre dans le vide).

PS : Ce suicide succède à celui d’Eric Dénécé, un agent de renseignement controversé, retrouvé mort avec un fusil à ses côtés dans sa voiture en juin 2025.

Si on rapproche ces deux morts assez bizarres, c’est que ces deux personnes avaient un point commun.

Et ce point commun s’appelle l’affaire ALSTOM, qui semble vouloir être étouffée définitivement par son principal responsable : un certain Emmanuel MACRON.

Rappel des faits :

La branche Énergie Alstom, qui fabrique tous les turboalternateurs des 19 centrales nucléaires françaises (75% de la production d’électricité nationale française) a été rachetée, fin 2014, par l’Américain General Electric. Le PDG d’Alstom de l’époque, Patrick Kron, est soupçonné d’avoir « bradé » la branche Énergie d’Alstom pour échapper à des poursuites qui le visaient aux États-Unis. Or le seul qui pouvait autoriser cette vente d’une entreprise stratégique donc soumise à autorisation préalable était le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique de l'époque : Emmanuel Macron.

En novembre 2017, à l'initiative du groupe Les Républicains, est créée une commission d’enquête parlementaire sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, s’intéressant notamment à la cession de la branche Énergie d’Alstom. Olivier Marleix assume la présidence de la commission.

En janvier 2019, Olivier Marleix saisit le parquet de Paris. Selon lui, « la vente d'Alstom est le résultat d'un « pacte de corruption », orchestré par un Emmanuel Macron désireux de faire financer sa future campagne électorale ».

Le même Emmanuel Macron a autorisé, par sa signature, le passage sous pavillon étranger de quatre entreprises  du CAC40 ;

« Des choix tellement funestes qu’Emmanuel Macron a fini, quelques années plus tard, par faire racheter les turbines Arabelle d’Alstom par EDF ou la filiale ASN (câbles sous-marins d’Alcatel) par l’État. »

Je rappelle que personne ne sait où est parti l’argent du Budget de l’État et pourquoi on se retrouve après presque 10 ans de macronisme avec une dette abyssale. En avril 2024, Olivier Marleix demande la création d’une commission d’enquête « visant à établir les raisons de la très forte augmentation de la dette française depuis l’élection présidentielle de 2017 et ses conséquences sur le pouvoir d’achat des français ».

L’année précédente, il avait aussi demandé de créer une commission d’enquête sur « les raisons de la perte de souveraineté de la France en matière énergétique ».

C’est qu’Olivier Marleix avait détecté un scandale de plus passé sous les radars : la gestion catastrophique des centrales nucléaires française et le prix de l’électricité.

Pour comprendre, il faut savoir que le marché européen de l’électricité fixe le prix de vente au prix de la production de la dernière centrale appelée. L’électricité ne se stockant pas, on fait appel d’abord aux centrales les moins chères et on termine par les plus chères à solliciter.

La guerre en Ukraine et la fermeture de l’approvisionnement en gaz russe qui alimente les centrales polonaises et allemandes font exploser les prix de l’électricité, aux coûts marginaux donc. Or les centrales nucléaires françaises qui produisent une électricité peu chère ont été fermées au printemps 2022, avec un plan de fermeture définitive programmée pour la plupart des centrales (écologie-mal comprise-oblige). Résultat : la production s’effondre et la France est contrainte d’importer de l’électricité allemande. Le MWh est de 42 euros pour notre électricité et à 600 euros pour l’électricité allemande. Faute de négociations préalables (comme l’Italie et l’Espagne l’ont fait), la France doit acheter de l’électricité à prix d’or, ce qui contraint le gouvernement à mettre en place un bouclier tarifaire (subvention du prix aux entreprises). Cette histoire abracadabrantesque coûtera 40 milliards nets aux Finances Publiques. Le pire, c'est qu’il existe parallèlement un accord historique qui oblige EDF à céder à ses concurrents un part de la « rente nucléaire » à 42 euros, ce qui fait que certains nous achètent l’électricité à prix cassé et la revendent sur le marché à 600 euros.

Olivier Marleix souligne, dans ce livre, avec beaucoup d’exemples, à quel point l’effondrement de la classe moyenne est dangereux pour la démocratie. « Les démocraties fragiles sont des sociétés où la classe moyenne n’est pas suffisamment puissante et représentative. »

Quant à notre influence à l’international, « la personnalité, parfois versatile et souvent orgueilleuse, du président Macron à une responsabilité importante dans l’effacement de notre influence . Et pour cause : il n’a eu de cesse, durant ses deux quinquennats, de maltraiter notre corps diplomatique ».  

Le livre ne se termine pas cependant sur ces constats très sombres, et Olivier Marleix a su réfléchir à des solutions pour retrouver l’unité nationale et tenter de sortir de l’ornière dans laquelle des générations de mauvais dirigeants (Macron n’est pas le premier, espérons que ce soit le dernier) ont plongé notre pays. Hélas, Olivier Marleix n'est plus....et la France supporte le poids des incompétences gouvernementales en devenant de plus en plus pauvre. C'est devenu l'enfant malade de toute l'Europe! Je crains les prochaines élections ! 

Re-PS: Avant de conclure cette recension, je voudrais dire publiquement ici que je n’ai nul désir de me suicider et que si jamais on me retrouve pendue au rideau, ce ne sera pas de mon fait !!! 

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