Tout simplement noir (Film France, 2020)

Publié le par CERISETTE

Tout simplement noir (Film France, 2020)

Vous avez été énervés (pour ne pas dire plus) au déboulonnage des statues ? Vous trouvez simplistes (pour ne pas dire haineux) les discours du décolonialisme ? Pour vous, le mot « race » ne doit pas s’appliquer à l’espèce humaine car vous vous refusez à distinguer les « noirs » des « blancs », qui ne constituent pas des « communautés » comme certains s’acharnent à le vouloir ? Allez vite voir cette comédie, elle est faite pour vous.

Enfin, voilà quelqu’un qui pose le problème de manière saine car complexe et paradoxale. Enfin on peut rire d’un sujet qui divise et provoque des violences absurdes ! Enfin, tout ce qui doit être dit est dit, y compris sur l’antisémitisme (ce n’est pas le thème principal mais c’est abordé de façon incidente).

Je ne m’étais pas arrêtée sur ce film, précisément parce que je croyais que j’allais encore ingurgiter des thèses victimaires que je ne peux plus supporter. Je souligne que je ne me suis jamais sentie raciste parce que ce mot ne signifie absolument rien pour moi.

Le pitch du film :

Un acteur (noir, c’est l’acteur principal Jean Pascal Zadi qui est aussi le réalisateur) , parce qu’il n’obtient pas les rôles qu’il voudrait, se lance dans une campagne anti-raciste destinée à dénoncer les discriminations qui toucheraient les « noirs ». Il tente d’organiser une grande manifestation des hommes noirs en France, Place de la République.

Mon commentaire :

Dès le début, on voit bien, puisqu’il est marié avec une femme « blanche »,  qu’il  laisse bosser et faire le ménage, comme tout bon macho qui se respecte, qu’il n’est pas à une contradiction près, comme beaucoup d’entre nous d’ailleurs. Le discours « militant » dans le film est sans cesse confronté à la réalité et cela donne une série de situations cocasses très finement évoquées. Le film est extrêmement intelligent, le comique jamais appuyé, les situations toujours proches du véridique.

Jean Pascal Zadi, dans son rôle, va chercher à rameuter les foules « noires » pour préparer sa grande manifestation. Et, de sketches en sketches, on verra bien qu’il n’existe absolument pas de « communauté » noire. Chacun tente soit de faire du commerce (les T-shirts ne sont pas donnés gratuitement parce que le client est « noir »), soit de réaliser son projet (Fary Lopes cherche à faire un film, et se fiche bien du racisme présumé de ses distributeurs ou producteurs), soit encore de  défendre une cause qui n’a rien à voir avec celle que voudrait promouvoir notre acteur (Les féministes noires défendent l’idée d’une double oppression, Ramzy veut y adjoindre la révolte des REBEUS de banlieue, Mathieu Kassovitz dans le rôle d’un réalisateur cherche des noirs qui fassent vraiment « africains » et pas "Montreuil").

En fait, il n’existe pas du tout de « noirs » mais bien des personnes ayant une histoire, une culture et une identité différentes, qui poursuivent des buts finalement assez semblables à tous les autres et qu’on peut résumer comme ça : comment développer ses talents, faire de l’argent/gagner sa vie, être reconnu, être aimé, bref trouver les voies de la réalisation de soi.

Le film est tourné comme s’il s’agissait d’un documentaire et l’acteur va interroger différentes personnalités du spectacle, y compris Omar Sy, présenté comme la caution morale de l’anti-racisme. La présence de la caméra est rendue visible par des regards caméra qui constituent un des ressorts du comique.

Une des scènes parmi les plus drôle est la visite à une « personnalité »….qui envoie ses chiens aux hurluberlus. On apprendra que le « noir » en question est justement un « noir » raciste, un noir d’extrème droite, un certain Dieudonné !!!!

On rit beaucoup, franchement et ça fait beaucoup de bien de déconstruire toute la litanie des plaintes et des revendications. Non pas que je conteste l’existence du racisme en France, mais ce film nous ramène à la REALITE, bien plus compliquée et diverse que le simplisme qui préside aux manifestations récentes.  Je n'ai pas réussi à savoir si le film avait été tourné avant les dernières "violences", mais je le pense, et ce film arrive donc à point nommé pour remettre les esprits en place.

Au final, dans le film, il y a 15 personnes à la manif de la Place de la république dont la femme « blanche » de l’acteur, et son fils « métis !!!!

 

Publié dans cinéma

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Commenter cet article

Sophie Guillaume-Petit 01/08/2020 09:17

Bonjour
Un film que j'irai voir grâce à vous :-)
J'aime beaucoup le ton de vos notices
Cordialement
Sophie

CERISETTE 01/08/2020 10:49

et moi j'adore quand vous me laissez un commentaire!
bon visionnage!
je prépare une série de photos de flaneries dans Paris!