Le virus (1er épisode)

Publié le par CERISETTE

Le virus (1er épisode)

Ceci est un conte, toute ressemblance serait fortuite...

Il était une fois, dans un pays très lointain que peu de gens ont visité, un animal étrange, très frileux, couvert d’écailles en or.

Cet animal avait été baptisé le GOLDOSAURUS, en raison de son origine préhistorique et, bien sûr, en relation avec la matière constitutive de ses écailles. Pour éviter sa disparition totale, il avait été classé dans les espèces en voie d’extinction par l’Organisation Mondiale de Sauvegarde des Animaux (OMS-A) qui veillait attentivement à ce qu’il n’en soit pas fait commerce.

Les dirigeants de ce pays étaient des dirigeants très puissants et surtout le chef des chefs qui décidait de tout. Mais ils avaient beau surveiller tout le monde tout le temps, l’interdiction de l’OMS-A était ignorée en raison de la valeur inestimable des écailles. Les chasseurs d’or agissaient en toute impunité et coupaient des forêts entières, allumaient des feux qui ne s’éteignaient jamais, et ce, un peu partout dans le monde. A croire que cela faisait bien les affaires de certains (moi je pense aux Illuminati, qui sont toujours derrière des actions inexpliquées et qu’on invoque largement pour faire comprendre qu’il n’y a pas de hasard).

Un jour, dans ce pays lointain, il arriva qu’un contrebandier de GLODOSAURUS, maladroit, se blessa avec une écaille, et se fit une entaille assez profonde qui saigna beaucoup. Il ne prit pas garde à sa blessure, enroula simplement un vieux chiffon autour de la plaie et continua sa vie.  Au bout de 15 jours, le contrebandier s’était enrhumé.

Un mois plus tard, toute sa famille et lui-même étaient morts d’une maladie mystérieuse, à laquelle personne, dans ce pays lointain n’avait prêté attention.

Il y avait aussi là-bas, un homme honnête qui courait derrière les contrebandiers, et il s’était aperçu, que, depuis un certain temps, il y avait des gens, qui attrapaient un rhume mortel, et il l’avait dit haut et fort. Mais comme c’était Noël, (là-bas aussi on fêtait Noël), le pays avait organisé des fêtes exceptionnelles, et personne n’avait voulu entendre ce que cet homme honnête avait à dire. On lui avait même reproché de gâcher la fête et on l’avait mis en prison.

C’est comme ça qu’on procédait dans ce pays : ceux qui troublaient la joie des gens, eh bien on les jetait en prison où on les oubliait.  

D’ailleurs, certains évènements devaient être respectés plus que d’autres. Par exemple, les grands dirigeants organisaient de temps en temps des réunions populaires et tout le monde était invité à introduire un petit papier dans une grande boite, comme une tombola, et, après cela on attribuait des récompenses à ceux qui avaient obtenu le plus de petits papiers. Puis on faisait de nouveau une fête, et ces fêtes-là étaient encore plus sacrées que les autres : pour rien au monde on aurait accepté de s’en priver, même s’il avait fallu, je ne sais pas moi, tirer au sort ceux qui seraient récompensés, par exemple.

Or, il advint que justement après Noël, un professeur de l’école que fréquentaient les enfants de la famille du contrebandier s’enrhuma et mourut très vite dès les premiers jours de l’année suivante. A ce moment-là, dans ce pays lointain, on a vu un des gouvernants très gentil, chargé tout spécialement de veiller à la santé des habitants, rassurer tout le monde, en disant, que jamais le gouvernement de ce pays ne laisserait se propager une vilaine maladie qui faisait mourir, qu’il fallait être confiant, qu’il n’y aurait aucun problème et que les gens pouvaient continuer à danser et à s’embrasser, parce que l’amour, c’était ce que les habitants de ce pays avaient de plus précieux.

Mais, dans ce pays, les gens ont commencé à adopter des comportements très étranges, que personne, même au moment où je raconte cette histoire n’a jamais pu expliquer. Figurez-vous que les gens sont allés dans les magasins, et ont acheté de manière frénétique des tonnes de papier toilette. Ceux qui ont vu les premiers maniaques commencer à constituer leurs stocks, se sont dit qu’il devait y avoir une raison et ont fait pareil, et que cela s’est répandu au point d’engendrer une pénurie. Personne ne faisait le lien entre ce besoin impérieux d’acheter des rouleaux et des rouleaux de papier, inutiles pour écrire (papier trop fin), pour se nourrir (la cellulose, c’est bon pour les castors), ou pour tout autre usage que celui de sa destination initiale, entre cette fièvre, disais-je, et une maladie inexpliquée.

Voilà, vous avez toutes les cartes en main pour comprendre comment les choses extraordinaires ont pu se dérouler là-bas :  le peuple s’occupait des fêtes, le gouvernement organisait des tombolas et personne ne s’intéressait au GOLDOSAURUS réservé à quelques riches individus et dont les écailles produisaient une maladie.

De temps en temps, pourtant, un rhume venait frapper des personnes qui n’avaient jamais entendu parler de GOLDOSAURUS de leur vie.  Par exemple, on a vu s’infecter et même mourir, plusieurs membres d’une communauté inoffensive, après une réunion d’amour, destinée à chasser les démons et les maladies incurables. Comme les membres de cette communauté s’étaient dispersés à travers les plaines et les montagnes de ce pays lointain, personne n’avait pu en déduire qu’ils avaient tous succombé du même rhume. Vous voyez la difficulté maintenant ?  

N’empêche, les razzias de papier toilette continuaient de plus belle dans les supermarchés de ce pays lointain.

Bon, pour l’instant, je reconnais que mon histoire ne progresse guère et qu’elle devient de plus en plus bancale. Quel lien allez-vous me dire entre l’animal fabuleux appelé GOLDOSAURUS, la mort de la famille d’un contrebandier, le rhume d’une communauté de dingos, les tombolas et le papier toilette ?

Justement aucun, c’est pour ça que cette histoire est assez farfelue. Quoique, si on mélange tous les ingrédients……

Je résume, donc :  

Pendant qu’« ON » (des contrebandiers certainement liés aux Illuminati !)  détruit tout pour arracher quelques derniers grammes d’or à un animal dont l’espèce se meurt, les gens d’un pays lointain qui participent à des tombolas géantes, attrapent un rhume qui leur donne envie d’acheter des rouleaux de PQ.

Etrange, étrange…. 

Je me souviens que des photographes avaient surpris le chef des chefs de ce pays, avec sa femme, à la sortie d’un grand bal, le soir. Les paparazzi qui avaient laissé fuiter les images, avaient été jetés en prison sans ménagements comme il se doit. Les dirigeants avaient expliqué alors qu’il s’agissait d’encourager les gens à continuer leur vie, à sortir et à s’amuser comme d’habitude.

Mais, au même moment, la mystérieuse maladie ne pouvait vraiment plus être passée sous silence, les morts s’étant tout à coup multipliés de façon vraiment, comment dire ? « Exponentielle » …

C’était si rapide que trois jours plus tard, le grand chef des chefs de ce pays a convoqué tous les habitants à la télévision et leur a expliqué, que juste après la fête avec les petits papiers de tombola qu’on ne pouvait pas annuler, il faudrait que les gens ne mettent plus le nez dehors.

Je pourrais revoir le film de cette allocution, que j’ai eu entre les mains, mais il me semble que le grand dirigeant avait commencé à parler d’épidémie…non, non, il avait parlé de ….GUERRE.

Je me souviens que les habitants de la plus grande ville de ce pays, dès qu’il a été question de rester à la maison, ont choisi immédiatement de s’enfuir pour se réfugier là où ils pensaient être à l’abri, au bord de la mer, dans des îles, où les autochtones les ont accueillis à la Kalach.

A partir de ce moment-là, les villes se sont endormies complètement, plus de circulation, même à vélo, plus de bruit, tout a été gelé pour des mois. On a vu des ZANIMOS sauvages envahir les places et les rues autrefois très animées de ce pays. La nature a rapidement repris ses droits, et si l’enfermement avait duré plus longtemps, nul doute qu’on aurait retrouvé des lianes dans les théâtres et des arbres dans les stades.

 

à suivre...

Publié dans Humeurs, santé

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