Pouvoir d'achat et impôts: on dévoile tout (2nd épisode)

Publié le par CERISETTE

Pouvoir d'achat et impôts: on dévoile tout (2nd épisode)

Je continue mon enquête sur le pouvoir d'achat et les impôts.

Les autres ressources de l’Etat, après l'impôt sur le revenu vu en épisode 1, sont principalement ces 3 autres ci dessous (j'ai enlevé l'ISF qui représente 5 milliards d'euros mais coûte 3.5 milliards à cause de l'IFI). 

 

2- Autre impôt qui rapporte beaucoup plus et qu'on connait mal: la CSG

Celle là est payée sur l’ensemble des revenus , elle fait d’ailleurs partie du l’IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques).  Mais on la voit moins car elle est déjà déduite à la source !

Elle est payée par tout le monde, eh oui, personne n’y échappe ou quasiment, donc y compris les 60 % qui ne paient pas d'IRPP déclaré) :

Sont concernés

 -les revenus d’activité professionnelle au taux de 7,5%;
- les revenus dits de "remplacement": allocations chômage, indemnité maladie, maternité… au taux de 6,2% (sauf cas particuliers d’exonération);
- les pensions de retraite aux taux surélevés de 8.3 %

- les revenus tirés du patrimoine (par exemple, revenus fonciers) et de placement (sauf produits d’épargne exonérés) au taux de 8,2%.

Nous sommes donc taxés 2 fois sur nos revenus, du moins pour le 40% qui payent l’IRPP. C’est l’effet KISSCOOL. On paye y compris sur ce qu’on a déjà payé !

Par rapport à l’IRPP seul qui "produit" 70 milliards, la CSG, c’est 100 milliards. Et les augmentations prévues et déjà engagées par ce gouvernement visent à augmenter ce montant jusqu’à 120 milliards.

Cherchez l’erreur ! Suppression de la taxe d’habitation : 20 milliards, augmentation de la CSG :20 milliards, rien ne vous interroge ? Ceci étant,  la taxe d’habitation n'a pas encore disparu pour tout le monde, donc ne nous affolons pas ! Il est fort à parier que le nouveau calcul de cette taxe nous réservera quelques surprises, et nous n’aurons pas de cadeau en pouvoir d’achat !

 

3- Ce qui rapporte le plus à l’Etat c’est la TVA .

Alors que l’impôt sur le revenu des personnes physique ne constitue  que 25 % des recettes, la TVA à elle seule rapporte plus de 45 % des ressources soit 130 milliards sur 290.

Un pactole !

La TVA est l’impôt le plus  injuste car il est  inversement proportionnel au revenu. C’est en effet une taxe sur la consommation : on la paie, sans s’en rendre compte, à chaque fois que l’on passe à la caisse, quand on fait ses courses. Le montant est inscrit sur votre ticket. L’entreprise qui vous vend quelque chose reverse ensuite la somme de TVA collectée à l’État. Plus on est riche, plus on épargne, et moins on consomme en proportion de son revenu (tout est relatif…). Rapportée au revenu, la part de la TVA payée sur la consommation diminue quand le niveau de vie s’élève. Les taux moins élevés pour les biens de base ne changent pas grand-chose.

Sans compter que diminuer les taux de Tva ne garantit pas du tout que le consommateur verra sa facture allégée, les commerçants pouvant tout aussi bien empocher tout ou partie de la différence. Nous avons eu l’expérience de la TVA réduite sur les notes des restaurants et dans ce cas précis, il ne s’agissait pas de baisser la note du consommateur mais de créer de l’emploi.

Emplois qu’on attend toujours !

4- Je vais maintenant passer à un autre impôt l’impôt sur les sociétés

Alors là, jugez vous-mêmes ! l’impôt sur les sociétés est de loin l’ impôt qui rapporte le moins. Les recettes sont en diminution constante. 

Est  ce pour autant que nos sociétés se portent de mieux en mieux ? Est-ce que nous n’avons pas perdu des millions d’emplois par délocalisations ?

 

5- Alors, et  le pouvoir d’achat dans tout ça?

Voilà ce qui était prévu dès 2018 par le gouvernement:

Côté baisses d'impôt, nous avons :

  • 3,8 Md de baisse de la taxe d'habitation ;
  • 4,1 Md de suppression de cotisations salariales (chômage et maladie) ;
  • 300 millions de baisse de la CSG pour 300 000 retraités modestes ;
  • 600 millions d'exonération de cotisations sur les heures supplémentaires ;
  • 300 millions avec la mise en place du PFU (prélèvement forfaitaire unique).

Total des baisses d’impôts pour les ménages : 6 milliards

Total des baisses d’impôts pour les sociétés : 18 milliards

Côté hausses :

Tabac, carburants devraient rapporter près de 2 milliards supplémentaires. Quoi qu'il arrive d'ailleurs car les hausses pour les carburants sont calculées en proportion de l'augmentation des tarifs. Si le prix augmente, les taxes aussi, c'est linéaire. 

Mais qu’en est il réellement du pouvoir d’achat ?

Sous le quinquennat d’un certain président dit normal, la pression fiscale a augmenté de 35 milliards d'euros pour les ménages, ce qui a conduit à une baisse du pouvoir d'achat de presque 2% en 2013 et cela a perduré jusqu’à aujourd’hui.   

Il faut noter aussi que le pouvoir d'achat des Français augmente quand le revenu disponible, c'est à dire leurs salaires plus les prestations moins les impots qu'ils payent, augmente plus que les prix.

Or l'indice des prix a été multiplié par trois en 2 ans. De 0.8%, l'inflation est passée à 2.5% en octobre 2018, l'inflation limite donc sérieusement le pouvoir d'achat.   

Pour augmenter le pouvoir d’achat 3 solutions:

  1. Jouer sur les salaires :  ceux du privé en augmentant le SMIC, ceux du public en augmentant les fonctionnaires
  2. Augmenter les prestations sociales.  
  3. Réduire les impôts et les cotisations sociales ; c'est la voie choisie par le gouvernement actuel.   

Par rapport à ces mesures déjà prévues qu’a donc accordé le gouvernement en décembre au titre des mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat ?

Liste des mesures dites d'urgence:  

• Les heures supp' défiscalisées et désocialisées

 La date a finalement été avancée au 1er janvier au lieu du 1er septembre prévu initialement.

• La hausse automatique du smic de 1,5%

Cette hausse automatique a été de 22 euros !

• Gel des taxes sur les carburants

Les taxes sur les carburants seront en principe gelées jusqu'en 2022. Cela revient à supprimer la hausse, initialement prévue au 1er janvier en 2019, de 3 centimes sur l'essence et 6 centimes sur le gazole, et au total, d'ici 2022, de 10 centimes sur l'essence et 19 centimes sur le gazole

• Gel des tarifs de l'électricité et du gaz

Ces tarifs, qui devaient augmenter en début d'année, n'augmenteront pas jusqu'à l'été prochain. Oui mais à l’été ils augmenteront.

• Chèque énergie

Au 1er janvier, le nombre de bénéficiaires du chèque énergie, cette subvention qui doit aider les ménages les plus modestes à supporter leurs factures énergétiques ou à réaliser des travaux d'économies d'énergie, bénéficiera à 5,6 millions de personnes (contre 3,6 millions actuellement). Mais tout le monde ne percevra pas le même chèque et celui-ci sera de toute façon très mince puisqu’il est prévu de  faire des économies sur ces prestations.

• Doublement de la prime à la conversion

Au 1er janvier 2019, entrera également en vigueur la création d'une «super prime à 4000 euros» à destination des 20% de Français les plus modestes souhaitant acheter un véhicule neuf ou d'occasion. Encore faudrait-il disposer des réserves utiles pour acheter un véhicule !

• Le barème des indemnités kilométriques revalorisé

À compter de début 2019, les «gros rouleurs» vont bénéficier d'un geste fiscal.

• Exonération des aides aux transports

L'entrée en vigueur de l'exonération des aides aux transports mises en place par des collectivités interviendra dès l'imposition des revenus de l'année 2018, en lieu et place du 1er janvier 2020 comme cela était prévu initialement.

• Une taxe Gafa

Sans attendre son adoption au niveau européen, la France va prélever une taxe sur le chiffre d'affaires publicitaire des géants du numérique que sont les entreprises comme Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.), qui devrait rapporter 500 millions d'euros. (Entre nous soit dit il est temps de faire payer ce qu’ils doivent aux GAFA at on est loin du compte)

• La prime d'activité revalorisée pour les salariés proches du smic

La prime d’activité est revalorisée. Selon le gouvernement, 5 millions de foyers fiscaux (contre 3,8 millions aujourd'hui) recevront 90 euros par mois. Perso je ne suis pas d’accord avec cette prime car l’Etat compense des salaires trop bas qui devraient être payés par les entreprises.

• Prime exceptionnelle de 1000 euros

Pas de cotisations sociales ni d'impôt sur le revenu: les entreprises pourront verser jusqu'au 31 mars cette prime «duty free», totalement exonérée jusqu'à 1000 euros et réservée aux salariés payés moins de trois fois le Smic). Cela nous coûte pas un peso à l’Etat.

 

• Annulation de la hausse de la CSG pour 30 % des retraités

En 2019, les retraités dont les revenus de pension sont inférieurs à 2000 euros pour une personne seule s'acquitteront d'un taux de CSG de 6,6 %. Seuls 30% des retraités conserveront le taux le plus élevé de 8,3%. Autrement dit on tape encore sur les « plus riches » mais pas du tout sur les ultras riches qui ont quitté la résidence fiscale France.

Le soi-disant chèque de 10 milliards d’euros aux gilets jaunes est donc strictement limité, la mesure phare étant la non augmentation de la taxe carburant. Mais est ce bien un cadeau si je ne prends pas dans votre porte-monnaie ce que j’avais prévu de prendre ?

Le pouvoir d’achat va-t-il augmenter pour autant ?

Courbe du pouvoir d’achat:

Edifiant non? Et encore, les chiffres de prise en compte du pouvoir d'achat n'intègrent pas certains prix pourtant nécessaires au panier de la ménagère comme on dit, mais au contraire y cumulent des prix comme ceux de l'informatique qui diminuent souvent mais ne constituent pas l'essentiel des dépenses des ménages les moins favorisés. 

 

Le problème supplémentaire des mesures visant à augmenter le pouvoir d'achat, c’est qu’il y a des gagnants et des perdants :

  • les perdants sont les 20% les pauvres et les 20% plus riches,  
  • les « gagnants » sont entre ces deux extrêmes,  mais ils ne gagnent de très peu
  • les super gagnants, sont , devinez qui?: gagné, ce sont les 1% les plus riches, qui y gagnent vraiment vraiment plus que tout le monde.

S’agissant des retraités, l’immense majorité bascule dans le camp des perdants, touché de plein fouet en 2018 par la hausse de la CSG et fortement pénalisé en 2019 par la sous-indexation des pensions.

 

 

Le pouvoir d’achat des Français a baissé de 440 euros depuis 2008 . Je verrais dans un troisième épisode  comment nos impôts sont dépensés et s'il est bien juste de ne prévoir que des restrictions de dépenses publiques portant sur les services publics.  A suivre donc.

Publié dans Humeurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article