COVID: Ce qui se passe en Inde

Publié le par CERISETTE

COVID: Ce qui se passe en Inde

Pour la première fois, j'ai fait une (mauvaise) traduction d'un article de la BBC du 17/05/2021, article qui raconte le périple d'une famille au chevet du père (59 ans) malade du COVID. Et ça se passe dans une famille de la bourgeoisie, je laisse imaginer ce qui arrive pour les plus pauvres. Il me semble important de conserver ce témoignage poignant de la catastrophe COVID en Inde. J'ai rajouté des images internet qui n'étaient pas dans l'article original.

Anoop Saxena, 59 ans, faisait partie des centaines de milliers d'Indiens qui sont tombés malades de Covid à la fin du mois d'avril.

Et comme tant d'autres, cet homme, de la ville de Ghaziabad, dans le nord de l'Inde, est tombé tellement malade qu'il avait besoin d'être soigné dans un hôpital.

Mais les hôpitaux indiens ont été débordés, et les lits et l'oxygène étaient tous en pénurie au début du mois de mai - bien que les responsables de l'État de l'Uttar Pradesh, où se trouve Ghaziabad, continuaient de dire qu'il n'y avait pas  de pénurie.

Ce qui a suivi au cours des jours suivants n'est qu'un exemple de la recherche désespérée d'une famille pour obtenir de l'aide, partout où elle pouvait la trouver. Il y en a des milliers d'autres à travers l'Inde, comme ça. Ici, nous avons retracé la bataille de la famille Saxena.

Jeudi 29 avril 2021: Pas de test disponible

Anoop a une forte fièvre le 29 avril et le médecin lui demande de se faire tester pour Covid-19. La famille essaie de réserver un rendez-vous pour le test à domicile, mais les laboratoires refusent, disant qu'ils n'ont pas la main-d'œuvre pour fournir ce service.

La famille l'emmène dans un hôpital public. La file d'attente est longue et le fils d'Anoop, Tushar, voudrait pouvoir avancer. Mais tout le monde devant eux est également très malade . Deux heures plus tard, quand Anoop s'évanouit dans la file, ils décident de le ramener à la maison.

Samedi 1 mai 10h: Lutter pour respirer

Première partie du voyage

Anoop se réveille samedi matin et dit à sa famille qu'il a du mal à respirer. La famille reçoit un nébuliseur - un petit appareil médical pour administrer une fine pulvérisation d'un médicament aux patients - pour l'aider à dégager ses voies respiratoires.

Cela aide brièvement mais ses niveaux d'oxygène continuent de baisser. Il est 10 heures du matin et le médecin informe Anoop qu'il doit être admis à l'hôpital. La famille essaie d'organiser une ambulance mais aucune n'est disponible et ils ne possèdent pas de voiture. Ils demandent à un cousin, qui vit dans le quartier voisin de Hapur, d'amener sa voiture à Ghaziabad - un trajet de 27 km (17 miles).

Le cousin arrive au domicile d'Anoop à Akash Nagar à 14 heures, mais il n'y a aucune possibilité de lit d'hôpital. Il est maintenant 16 heures, ils décident de l'emmener à Gurdwara (temple sikh) Sri Guru Singh Sabha où il reçoit de l'oxygène d'une bouteille. La famille remercie le temple d'avoir organisé le service gratuit pour les familles en difficulté.

19h30: Recherche de lit d'hôpital

Deuxième partie du voyage

Son niveau d'oxygène devient stable au Temple mais des volontaires suggèrent qu'il devrait être emmené à l'hôpital car ils ne peuvent pas le garder indéfiniment. Tushar les supplie de garder son père au temple, mais sait dans son cœur qu'il doit trouver un lit d'hôpital.

La famille l'emmène à l'hôpital public MMG. Après avoir passé une heure, ils se rendent compte qu'il ne se reposera pas de sitôt.

Troisième partie du voyage

Il est 20h, la famille est toujours à l'hôpital. Tushar appelle son frère, qui est à la maison, et lui dit de se rendre à l'usine d'oxygène dans la région de Lal Kuan pour chercher une bouteille.

Son frère se joint à une longue file d'attente à l'usine, décidant d'attendre son tour. Tushar appelle son frère toutes les minutes. Il sait que ne pas trouver une bouteille d'oxygène ou un lit d'hôpital signifiera ne pas survivre à la nuit.

20h30: Renoncer à l'hôpital

Troisième partie du voyage

Tushar ramène son père à la maison. Il va acheter 25 petits bidons d'oxygène pour aider Anoop à respirer. Ces bidons lui donnent de petites doses d'oxygène à intervalles réguliers, mais ne peuvent pas fournir un approvisionnement continu. Chaque canette coûte 2 500 roupies [34 $; 24 £]. Ils coûtent généralement moins de 1 000 roupies. C'est une grosse somme pour la famille bourgeoise comme les Saxenas, mais ils n'ont pas le choix.

Tushar essaie de garder son père stable avec les canettes, en attendant que son frère revienne avec une bouteille d'oxygène.

A 1h du matin, son frère revient sans cylindre d'oxygène car l'usine a fermé avant que son tour ne vienne. Ils continuent à utiliser les canettes et Anoop se stabilise lentement.

Dimanche 2 mai 10h: la recherche d'un lit reprend

Quatrième partie du voyage

Le médecin avise à nouveau qu'il doit être hospitalisé. La famille le conduit à l'hôpital Gargi, qui est l'établissement de santé le plus proche de leur domicile. Un membre du personnel leur dit d'essayer un autre hôpital car il n'y a pas de lits.

Cinquième partie du voyage

La famille l'emmène ensuite à l'hôpital de Sarvodya mais encore une fois, il n'y a pas de lits gratuits. Pendant ce temps, Anoop a du mal à respirer et veut juste rentrer chez lui. Mais la famille n'abandonne pas.

Il est 12 h 05 et ils sont maintenant à l'hôpital Santosh - le troisième établissement médical qu'ils ont essayé ce matin - et on leur dit d'attendre à l'extérieur de l'hôpital. Les portes de l'hôpital sont entourées de gardes de sécurité, ce qui donne à la famille l'impression d'être à l'extérieur d'une prison. Ils attendent 10 minutes et décident d'essayer un autre hôpital.

Tushar commence à se demander dans quel hôpital son père va rendre son dernier souffle. Mais quand sa mère téléphone, il lui assure qu'ils ont trouvé un lit et que tout va bien se passer.

Ils arrivent au quatrième hôpital à 12h30. Le gardien à l'extérieur leur dit d'attendre et de voir si quelqu'un est renvoyé ou mort. Tushar n'arrive pas à croire que son père, pour obtenir un lit, dépend de la mort de quelqu'un d'autre. Pendant ce temps, les petits bidons d'oxygène ne sont plus d’aucun secours et Anoop est à nouveau à bout de souffle. .

L'état d'Anoop se détériore davantage et la famille décide de ne plus perdre de temps et de le ramener au temple - le seul endroit qui ait offert de l'aide jusqu'à présent. Son niveau d'oxygène commence à s'améliorer après avoir été connecté à une bouteille.

15h: La recherche d'oxygène se poursuit

Neuvième partie du voyage

Alors que Tushar emmenait son père d'un hôpital à un autre, il a demandé à son frère d'aller acheter un bidon, mais les files d'attente sont trop longues. Quelqu'un lui dit qu'une usine du quartier voisin de Bulandshahr - à une heure de route - vend des bouteilles d'oxygène. Mais au moment où le frère de Tushar arrive, l'usine est fermée.

Le frère de Tushar revient à Ghaziabad et achète une petite bouteille de cinq litres au marché noir.

17h30: La derniere étape

Dixième partie du voyage

Cela fait presque huit heures que le médecin lui a dit de trouver de l'aide. Mais Anoop est toujours au temple. Pendant ce temps, sa fille, qui vit dans la ville d'Aligarh à environ 120 km (75 miles), trouve un lit dans un hôpital privé et dit à la famille de l'y amener.

Ils commencent le trajet vers 18 heures avec Anoop connecté à la petite bouteille d'oxygène, arrivant à l'hôpital à 20h30 et il est immédiatement transporté en soins intensifs. Le médecin leur dit que l’état d’Anoop est critique et que ses chances de survie sont minces.

Lundi 3 mai 4h du matin: perdre le combat

Après huit heures d'attente, priant pour un miracle, le médecin dit à la famille Anoop que l'état de santé d' Anoop se détériore. Tushar se demande s'ils auraient pu faire de plus.

Six heures plus tard, à 10 heures du matin, le médecin dit à la famille de faire ses derniers adieux. Anoop meurt une heure plus tard, à 11h.

Tushar espère que personne d'autre n'aura jamais à regarder ses parents lutter pour respirer comme un poisson hors de l'eau; il pense que  c'est le système qui a tué son père, pas le Covid.

Mais la famille n'a même pas le temps de pleurer : l'état de la femme d'Anoop commence à se détériorer. Ils rentrent chez eux à Ghaziabad.

By Vikas Pandey
BBC News, Delhi. 17/05/2021

voilà le lien de l'article original: https://www.bbc.com/news/world-asia-india-57111161

 

Publié dans Humeurs

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