Man on the bus (film Australie 2020)

Publié le par CERISETTE

Man on the bus (film Australie 2020)

C’est une histoire stupéfiante qui nous est livrée dans cet excellent reportage. Eve Ash, une réalisatrice australienne entreprend une large enquête sur l’histoire de ses parents.

Tout commence …très tôt quand la réalisatrice prend conscience qu’elle a douté toute sa vie être vraiment la fille de ses parents. Il faut croire que les secrets suintent à notre insu, car jamais, ni ses parents, ni les proches amis de ses parents, et encore moins le gynécologue, le médecin de famille, l’ami de toujours, ne connaissent la véritable histoire. Au contraire, tous affirment qu’il ne peut pas y avoir eu une infidélité dans ce couple parfait, complètement amoureux l’un de l’autre jusqu’à ce que la mort les sépare.

C’est donc après la disparition de sa mère que la réalisatrice entame son enquête. Grâce à des archives photo laissées par sa mère, elle retrouve une courte video sur laquelle un homme apparait, derrière deux enfants dont la réalisatrice encore enfant, Eve. Cet homme regarde la caméra, et  celle qui la tient, Martha, la mère d’Eve, avec un regard « amoureux » selon Eve. Martha n’a laissé aucun document écrit, aucune lettre, aucune trace et n’a parlé à personne.

La 1ère partie du film interroge le passé de Feliks, le père et de Martha. Tous deux sont des survivants de l’holocauste et viennent d’une bourgade autrefois polonaise, près de Lvov. Tous deux ont vécu des horreurs : l’assassinat de leurs proches (mère, mari, sœurs, neveux et nièces) par les nazis. Feliks est même un héros de la Shoah. Il s’est évadé, avec plusieurs autres détenus, du camp de travail et d’extermination de Janowska Road dans des conditions rocambolesques et ultra dangereuses. Il a côtoyé de très près Leon Weliczker Wells, avec qui il a participé aux brigades de la mort, chargées de déterrer les morts pour les brûler et ne laisser aucune trace des crimes commis. Leon Wells est l’auteur de « The Janowka Road, ». Il est un grand miraculé de ce camp d’où il s’est évadé à deux reprises, a témoigné au procès Eichmann et a perdu, assassinés en représailles, 76 membres de sa famille.

Le film interroge Leon Wells au soir de sa vie, c’est absolument poignant.

À la suite de ces tragédies absolues, ces grands traumatisés que sont Martha et Feliks, sont partis pour l’Australie, alors ouverte à la migration de peuplement. On comprend que Feliks est l’objet d’une admiration sans bornes de la part de sa famille. La maman, Martha, choyée par son mari,  est respectée dans la communauté juive, notamment en raison de ses talents artistiques et de sa respectabilité de mère de famille exemplaire.

Or, il reste une zone d'ombre : cet homme, qui figure sur une courte vidéo, qui est-il ? La seconde partie du film est très drôle, baroque, complètement en contradiction avec la 1ère. C’est la célébration de l’amour. Familial, marital et sensuel, sexuel, la passion amoureuse, la vie quoi ! Car Eve retrouve son père biologique, un bon australien pas du tout juif, pas du tout marqué par l’histoire, pas traumatisé pour un sou. Sa mère aura donc eu un enfant de cet homme et cet enfant c’est bien Eve. Il vit toujours, et a répandu ses gênes un peu partout après avoir épousé 4 femmes, vécu un ménage à trois, et généré des enfants naturels dans le voisinage ( il compte à son « actif » au moins 10 enfants au total !!!).

Il y a un détail que je dois mentionner ici car il m’a fait beaucoup rire. Cet homme a entretenu une liaison longue avec Martha, une liaison de 15 ans. Cet homme s’appelle DIXIE et il était géomètre, chargé de donner un nom aux quartiers nouveaux qu’il dessinait dans les banlieues de Melbourne. Et il donnait à ces nouveaux quartiers les noms des femmes qu’il aimait. Il y a donc un quartier "Martha" et un quartier "Eve" !!!

C’est une enquête vraiment passionnante, et extrêmement bien racontée, un film qu’on ne peut plus lâcher un fois commencé et qui a reçu une multitude de prix, bien mérités.

 

Publié dans cinéma

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