LA RECHERCHE EN SANTE et les chercheurs (enquete citoyenne partie1)

Publié le par CERISETTE

LA RECHERCHE EN SANTE et les chercheurs (enquete citoyenne partie1)

Parce que je comprends que le virus SARS Cov2 2019 pourrait potentiellement offrir des champs d’investigations considérables, il m’apparait indispensable d’avoir une vue d’ensemble sur l’organisation et le financement de la recherche médicale.

Cela m'amenera à 4 posts successifs, celui ci étant le 1er.

En effet, outre les aspects cliniques de la maladie (les symptômes, l’évolution, les traitements, les liens avec d’autres maladies),  il faut aussi s’interroger sur l’origine animale du virus, son génome, les liens avec la pollution, la déforestation, mais aussi sur les contaminations, leur cartographie, (les liens avec la démographie, avec le climat, avec la sociologie, etc..), sur l’épidémiologie (à quelle vitesse une épidémie se répand dans le monde…), en passant par la réindustrialisation (pénurie d’équipements de protection en raison de l’importance stratégique du fournisseur unique actuel…), et par la situation sanitaire de chaque pays (problème d’alimentation et d’obésité), le tracking, les vaccins, les imprimantes 3D etc…

Bref, je crois que tous les secteurs de la recherche pourraient bien être concernés par ce minuscule virus qui a bouleversé la terre entière. Et, si on veut "se réinventer", il faudrait peut être s'appuyer sur ceux qui pensent....

Je retrousse mes manches et j’y vais, je plonge mon nez dans le monde merveilleux (et mystérieux) de la RECHERCHE en France. Et, après des jours d’investigations scrupuleuses, je ne suis pas tombée dans le trou de lapin d'Alice (où j'aurais pu faire des découvertes fabuleuses) et j’avoue que mes résultats sont bien maigres.

  1. La Recherche en général :

Les dépenses de la RECHERCHE (en général, toutes recherches confondues) c’est en gros 50 milliards d’euros par an, et que, avant la crise cela ne représentait que 2,2 % du PIB, contre 3% recommandés par l’OCDE. L’Allemagne, elle, affichait déjà l’objectif de 3% de son PIB, ce qui représentait, toujours avant la crise, 90 milliards d’euros (le double de l’effort français).

Les recherches sont souvent menées par des agents publics (type chercheurs CNRS) mais les entreprises (donc le privé) en mènent 64% donc presque les 2/3. Il y a 115 000 chercheurs publics. Les entreprises ne financent que 59 % des recherches (sur les 64% de leur part), le reste est donc pris en charge par les financements publics. Ce pourcentage est de 65 % en Allemagne, de 62 % aux Etats-Unis, de 50 % au Royaume-Uni et de 78 % au Japon.  A noter : La France a plus financé de recherches dans d’autres pays qu’elle n’a reçu de financement du reste du monde.

Les entreprises financent leurs propres recherches à 60%. Le reste est assuré par des financements publics.

A cela, il faut ajouter 6 milliards d’euros que pèse le crédit Impôt-Recherche attribué aux entreprises par l’Etat, et qui donc est un allègement d’impôts. On ne sait pas grand-chose de ce qui est financé par ce crédit d’impôts. J’ai le sentiment qu’au fond ce n’est pas très important : c’est un allègement fiscal. Point. C’est un don fait les yeux fermés, et sans aucune contrepartie. Il faut savoir également que, pour répondre aux objectifs de la Commission Européenne, ces allègements sont distribués quelle que soit la nationalité de l’entreprise, pourvu qu’elle soit installée sur le territoire. (Je sais à cet égard qu’il existe une PME appelée BOEING , qui a installé une petite structure de recherche en Europe et perçoit à ce titre des aides publiques françaises !!!).

Avant d’aller plus loin, je rappelle que le monde de la recherche en France, est, depuis longtemps en colère : grève et manifestations se succèdent en pure perte depuis des années. En cause le statut de chercheur, un des plus misérable du monde développé, mais pas seulement.  Il y avait des manifestations de chercheurs en février 2020, à l’annonce d’une loi de programmation pluriannuelle de la Recherche, censée répondre aux besoins. « La loi de programmation pluriannuelle de la recherche, essentielle pour notre avenir, a été rédigée dans l’opacité la plus grande, après une phase de consultation étriquée. » (Petit Observatoire de la Recherche, blog).

La Ministre, Frédérique Vidal a écrit elle-même en présentant le projet de loi : « La recherche en France souffre d’un sous-investissement massif depuis des années, mais aussi d’un manque de décisions concrètes de la part de beaucoup de gouvernements précédents, même quand ils affirmaient que la recherche était une priorité. » CNRS 4 février 2020..

Alors, si même celle qui en est chargée, le voit….

S’agissant de la Recherche Publique (donc effectuée par des organismes publics en France et à l’étranger) les montants des subventions sont de 12,5 milliards d’euros auxquelles s’ajoutent des ressources contractuelles (vente de brevets, etc…). Au total on atteint 19 milliards d’euros.

Les financements sont assurés par différentes structures: CNRS, ANR, etc.. .

S'agissant de l’ANR, cette "agence" a été créée en 2005, avec, pour mission, de financer et de promouvoir les recherches fondamentales et finalisées sur des projets identifiés. Malheureusement, son budget a été régulièrement réduit depuis dix ans, passant de 850 M€ à un peu plus de 500 M€, ce qui a rendu cet objectif initial totalement irréaliste. Avec un ciblage de ses appels à projets très restrictif sur le plan thématique et un taux de sélection inférieur à 10 %, il est clair que l’ANR ne peut pas remplir sa mission de manière satisfaisante, laissant un grand nombre d’équipes, pourtant de bon ou très bon niveau, dans l’impossibilité de mener les projets innovants qu’elles proposent. ( Le format attendu pour les projets financés par l’ANR engendre un ensemble de contraintes. Au plan financier, il n’est pas bien adapté au financement des petits projets (moins de 50 k€), des gros projets (plus de  500  k€),  des  projets  courts  (moins  de  2  ans),  des  projets  longs  (plus  de  5  ans),des  projets risqués, des achats de gros équipements, etc).

 à suivre...

Publié dans santé

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