I Ricordi (film Italie 2019)

Publié le par CERISETTE

I Ricordi (film Italie 2019)

Voilà un film à l’exact opposé de celui que j’ai vu juste avant (et qui s’appelait Les Faussaires De Manhattan, où les personnages étaient tout de même vraiment disgracieux).

Ce film-là est italien et les personnages sont absolument délicieux, beaux, très beaux même, romantiques, nostalgiques.  

Tout part d’une très bonne idée, qui pourrait s’avérer un processus narratif de cinéma hyper productif. Il s’agit d’exploiter le thème du souvenir, de la réminiscence, et de mélanger les temps de la narration, et ce, d’autant plus facilement qu’on peut, au cinéma, se passer de mots, et faire surgir des images, des ambiances, des musiques. En mélangeant les souvenirs avec le présent du film, on obtient une sorte de kaléidoscope : les sons et les images tournoient, décrochent, forment un tissu narratif complexe et vertigineux, où les personnages se cherchent, se perdent, et se retrouvent magiquement, pour se séparer à nouveau. Le montage est virtuose, car ce genre d’initiative ne supporterait pas le plus petit faux pas.

Le pitch :

Deux êtres se rencontrent. Elle, elle est ravissante, avec son visage d’enfant, sa bouille heureuse et innocente, ses yeux rieurs et confiants, sa bouche mutine. Elle a, de plus, la légèreté d’un elfe. Elle est assise dans un fauteuil suspendu, comme un oiseau dans une cage ouverte. Il faut chaud, c’est le soir, c’est l’été, on doit se trouver sur une île. Elle rêve, elle attend.

Il arrive. En décalage, c’est le dernier venu, le retardataire.

Lui, c’est un grand et bel italien au regard vert-bleu, cheveux mi-longs, démarche féline, bref une bombe !

Et ça "le fait" dès la première minute. C’est donc un amour irrésistible, un coup de foudre, une évidence. Mais il est tourmenté, triste, tourné vers le passé, vers les souvenirs, c’est Musset, dans « Les Confessions d’un enfant du siècle ».  

Il est certainement très névrosé, mais avec beaucoup de grâce, d’élégance, et même de sobriété, de retenue. Il n’est pas vraiment pesant, il est d’ailleurs tellement craquant qu’on a envie de tout lui passer, de tout lui donner, tout de suite….

Je redis « tout de suite » car ce jeune homme est une machine à fabriquer des souvenirs. A peine vécus, les moments de vie sont inscrits dans la mémoire, dans la mémoire vive, et servent à alimenter le rêve éveillé. Car le souvenir est plus poétique que le moment présent, et la mémoire sert à revivre le passage du temps, de manière continue, en étoffant le présent avec des réminiscences, et ce faisant, en conditionnant (contaminant ?) la tonalité du moment présent.

Il est vrai que chacun élabore sa propre sélection de souvenirs, en fonction de sa propre vision du monde. La jeune fille n’a, par exemple, que de bons souvenirs, alors que son amoureux a construit un univers mental plutôt sombre, peuplé de souvenirs traumatiques ou hallucinatoires.

Les personnages finissent par, non pas échanger leurs points de vue et leurs souvenirs, mais par s’ influencer  mutuellement très fort. La pauvrette finira par adopter la gravité et la tristesse de son compagnon, qui, lui, retrouve de la joie de vivre au fil du récit.  

Le réalisateur revendique d’être « nostalgique au présent » : Il s’agit pour lui « de remarquer la bizarrerie, la poésie et la profondeur de la vie sans attendre le recul qu’apporte le temps ».

Et tout le film est construit sur ces rêveries, ces sensations émerveillantes, ces  fantasmagories plus ou moins vécues, transformées par la mémoire.

C’est un film très esthétique, je dirais même esthétisant, et il faut beaucoup aimer la splendeur des paysages, le texte en italien et les yeux du beau garçon pour ne pas s’ennuyer.

Je ne suis plus assez romantique, j'ai failli m'endormir.

Réalisateur Valerio MIELI (2019)

avec Luca Marinelli et Linda Caridi

Publié dans cinéma

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