Tchekhov à la folie (Théâtre de poche)

Publié le par CERISETTE

Tchekhov à la folie (Théâtre de poche)

Publiées toutes les deux en 1888-1889, ces deux pièces en un acte de Tchekhov, sont aussi ses débuts au théâtre.

Parallèlement à l’écriture des nouvelles (qui sont pour moi, sur le plan littéraire, le top niveau de la littérature du genre), et notamment "La Steppe", Tchekhov s’essaie au théâtre.

Beaucoup ont dit que l’écriture de ces pièces était un peu bâclée, mais je ne le crois pas.

C’est certain que les thèmes abordés sont triviaux.

Dans « Une demande en mariage » , Lomov, le voisin vient , habillé comme un Milord, demander en mariage  la fille de la maison. Nous sommes à la campagne et le vieux père, seul présent à l’arrivée de Lomov, le cajole dans le sens du poil. En revanche, la fille, Natalia Stepanovna, est une hargneuse de première catégorie qui engage la conversation, sans connaitre les intentions du jeune homme, sur un sujet polémique. La dispute en arrive vite aux injures, aux cris et quasiment aux mains.

Dans « L’Ours », Elena Ivanovna Popova, « une petite veuve avec des fossettes aux joues, propriétaire terrienne » s’est retirée du monde depuis 7 mois, date du décès de son mari. Elle refuse de recevoir Smirnov, un exploitant à qui son mari devait de l'argent, et qui vient, lui-même tenu par ses propres dettes, le lui réclamer. Même obligée d’ouvrir sa porte, la veuve n’a pas le sou pour rembourser Smirnov. Très en colère celui-ci décide de rester chez Popova jusqu'à ce qu'elle le paie. On en arrive à des considérations d’un machiste violent et même à une provocation en duel, Elena ne se dégonflant pas du tout devant les pistolets.

Dans les deux cas, le personnage central est celui de la femme, une femme forte, guerrière, faussement honnête et qui, si elle ne se maîtrise jamais bien, sait parfaitement préserver ses intérêts.

Ce sont deux farces un peu lourdes, mais c’est si bien joué, et si rondement mené qu’on rit de bout en bout.

J’adore spécialement le jeu de Emeline Bayart, une actrice très expressive et ultra douée (elle r arrive à pleurer de vraies larmes sur scène). Je l’avais vue au théâtre du Rond-Point , notamment dans Musée Haut, Musée Bas et dans le rôle de Bécassine (un rôle magnifique, fait physiquement pour elle).

Toute la salle riait aux éclats, c’était une très bonne représentation.

Il y a une légende qui dit qu'au moment de mourir (à 44ans de la tuberculose) Tchekhov prononçait la dernière réplique d'Une Demande en Mariage, et cette dernière réplique, c'est:"Du champagne, du champagne!". Pas besoin de se référer à la pièce, Tchekhov, s'il a demandé du champagne, c'est bien possible que c'était son vin préféré!

Elle se joue à 18h30 et vous aurez le loisir de trainer dans les cafés et terrasses de Montparnasse, ensuite, par les chaudes nuits d’été !

 

Publié dans Théatre

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