Parasite (film de Bong Joon-Ho)

Publié le par CERISETTE

Parasite (film de Bong Joon-Ho)

C’est la Palme d’Or de Cannes 2019, et c’est un film coréen.

Alors oui, c’est vrai que j’aime bien en général les films venus d’ailleurs, surtout quand on n’y comprend rien, genre film japonais sous-titré en allemand, ou film taïwanais sous-titré en japonais, et sur titré en anglais, pour corser la chose !

Il a été recommandé à Cannes de ne pas spoiler la fin du film, mais en général c’est ce que j’évite de faire tout de même, par respect pour vous tous, mes lecteurs et lectrices.

Le pitch :

Ça se passe dans une famille misérable de Séoul, une famille où tout le monde est au chômage, c’est-à-dire où tous se débrouillent avec des petits boulots. Ils vivent dans un entresol dont les fenêtres sont à raz de chaussée, au niveau du trottoir. Ils   reçoivent donc en direct tous les gaz d’échappement et les balayures, quand ce n'est pas la pluie et les inondations.  Des vermines de toutes sortes tombent dans leurs assiettes, et plus encore, les ivrognes du quartier se servent de leur coin de rue pour pisser ou vomir sur leurs carreaux. Eux, s’arrangent pour piquer la WIFI du voisin, car s’ils possèdent bien des téléphones (des Samsung pardi !) , il n’y a jamais de réseau au fin fond de leur caniveau.

La famille compte un fils et une fille déjà en âge de fréquenter la fac…mais cela ne leur est pas très accessible dans l’état de précarité où ils vivent. Malgré tout, il y a une bonne ambiance dans la famille, tout le monde rigole et se sent solidaire de son parent. Il y a plein de scènes cocasses comme lorsqu’ils sont employés à plier des boites de pizzas et que tout est fait à la va vite, bâclé, déchiré. Ou bien quand les enfants trouvent du réseau Internet assis sur la lunette des toilettes, celles-ci étant situées en hauteur dans leur souterrain. D’ailleurs, tout le film est assez drôle, on y rit de bon cœur, on est chez Dickens raconté par Groucho Marx.

Un ami du fils vient lui demander un service : donner des cours d’anglais à sa place à la fille d’un couple richissime, l’ami en question devant poursuivre sa scolarité à l’étranger. Le service est demandé au garçon pauvre car il ne constitue pas un danger et lui restituera la place à son retour.

Voilà, jusque-là, l’idée va se poursuivre de façon brillante, et toute la famille indigente soutient le garçon.

Et là, contraste saisissant, les riches vivent dans un luxe inouï, dans une immense maison d’architecte, avec un jardin taillé au cordeau, une gouvernante, des voitures allemandes (grrrr !), des baignoires, hammam, des cloisons précieuses, ses sols de marbre etc…

Sans spoiler la suite, je dirais que ce film est curieusement construit. Dans une première partie tout est crédible, amusant, astucieux. Dans une seconde partie, le film plonge dans le gore, un mélange de terrifiant et de science-fiction, de grotesque, de farce, d’onirique. La famille se transforme, elle est capable de présenter une face honorable et respectable tout comme elle peut redevenir « affreuse, sale et méchante ».

Mais alors où se trouve réellement le parasitisme dont parle le titre du film ? Les parasites sont-ils les arnaqueurs qui se glissent dans la famille ultra riche ou bien les ultra riches qui n’ont pas l’air d’avoir de réelle utilité dans le corps social ? Y aurait il toujours un fantôme caché dans les maisons les plus huppées ? Ne serait-ce pas la métaphore du secret de la famille qu’on garde au loin, enfermé, et qui ne fait que « sentir mauvais », parce que, comme tous les secrets, il « suinte » ?

Des pistes sont ébauchées et jamais portées jusqu’à leur terme  : Par exemple,  comment les pauvres peuvent-ils aussi facilement se transformer ? Comment la jeune fille réussit-elle à amadouer l’enfant insupportable de la famille riche et à imposer sa loi à tous ? Pourquoi une fête aussi dispendieuse qu’idiote à la fin du film ? (non, je ne spoile pas l’intrigue). Etc…

J’ai adoré la parodie du grand voisin, leader de la Corée Populaire, si proche et si éloignée de la vie en Corée du Sud qu’on voit se dérouler sous nos yeux.

Bref, c’est un film déroutant, peut-être parce que nous n’avons pas les codes pour pénétrer ces univers si disjoints des nôtres ? Mais c’est certainement un film "expérience", que je conseille quand même d’aller voir.

Ce n’est pas le film du siècle certes, malgré des images somptueuses, qui nous montrent un pays assez mystérieux , aux multiples facettes, toutes plus surprenantes les unes que les autres!

PS: voilà une autre  critique que je trouve bien ICI

Publié dans cinéma

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