Bronx (théâtre de poche)

Publié le par CERISETTE

Bronx (théâtre de poche)

C’est l’histoire vraie d’un très grand acteur, auteur de la pièce « Il était une fois le Bronx », a BRONX TALE en anglais. Cette pièce a d’abord été jouée par son auteur Chazz PALMINTIERI, qui incarnait à lui seul les 35 personnages du récit.

Cette pièce a eu un tel succès qu’elle a ensuite fait l’objet d’un film avec Robert de Niro, dans un de ses premiers rôles. Cela se passait en 1993. Et je crois que la pièce est joué en ce moment même par Robert de Niro (seul il me semble) à New York .

J’aime bien le théâtre de poche, car les salles sont petites, on se trouve toujours nez à nez avec les comédiens, en l’occurrence LE comédien, qui doit donc avoir un jeu parfait car la proximité ne tolère aucune imperfection. Et puis, le théâtre de poche, c’est juste au carrefour Montparnasse, et pour y aller c’est simple, pas la peine de se perdre dans les arrondissements excentrés (pour moi) genre 11ème  ou 10ème .

C’était vendredi soir, et, suite à une  f….ing semaine de froidure et de pluie, Paris avait retrouvé la douceur printanière. Vendredi soir, les rues étaient bondées, les gens installés aux terrasses, comme c’est d’usage à Paris, avec ce sens de la fête qu’on ne trouve qu’ici.

 Juin, ce n’est pas désert comme au mois d’août, les parisiens travaillent, et le vendredi tout le monde est là, à profiter du début de weekend. Les parisiens ne font pas une fête flamboyante, avec des rires bruyants comme dans un mariage ou des cris de folie comme après un match, pas de danses non plus, le vendredi soir « normal », c’est une fête de famille, une fête de tous ceux qui veulent siroter la vie, tranquillement doucement, une fête de farniente et de retrouvailles, après une semaine de travail. Il y avait des fleurs aux balcons, et partout la végétation du mois de juin, surtout après les averses de la semaine, s'infiltrait dans les moindres recoins libres. J’adore ces moments un peu suspendus, ces moments où on sent bien que tous se détendent et savourent le bon temps, accoudés à des tables penchées et revêtues de blanc, assis sous des abris de toile, le long de bandes de trottoirs trop étroites. La vie du vendredi c’est la vie des petites places, des brasseries, des restos pas chers, des cafés, des ruelles, des cinémas. Bref, c’est Montparnasse, rue de la Gaité, rue d’Odessa, rue Delambre, les restos asiatiques, les brasseries auvergnates, les crêperies, les bolées de cidre, la rue Montparnasse qui va jusqu’au boulevard, et puis on rejoint la Rotonde, les grands cafés mythiques où les plus riches dégustent des  plateaux de fruits de mer.  

BRONX, c’est au théâtre de poche, et comme je l’ai dit, on a le nez à 1 mètre de la scène, c’est tout petit. Sur la scène, un immense acteur qui reprend le rôle de De Niro, un rôle à sa hauteur. C’est Francis Huster qui joue une bonne dizaine de personnages. Et tout à coup, nous sommes dans le Bronx, dans les années 1970, un quartier où régnait la Mafia (celle du Parrain, exactement celle-là), un quartier en ruine, comme beaucoup de quartiers à New York à cette époque.

C’est donc l’histoire vraie de l’enfance de Chazz PALMINTIERI, qui, enfant, côtoyait les mafieux du quartier, fasciné qu’il était, par leurs manières et leur sens de l’honneur. Mais ce n’est pas romantique pour autant, le gosse qui observe décrit bien les meurtres et la violence. Mais aussi le côté attachant de tous ces personnages hauts en couleurs qui lui ont appris à vivre. Il faut croire que l’école n’était pas si mauvaise puisque, à côté de grands gangsters, l’Italie a aussi donné à l'Amérique et au monde de spendides génies comme Francis Ford Coppola, de Niro, Marlon Brando, Francis Capra…pour ne parler que du cinéma.

Francis Huster accomplit une prouesse d’acteur et je recommande d’aller le voir en ce début d'été, la pièce ne dure qu’à peine plus d’une heure, et vous pourrez ensuite prendre vos aises aux terrasses du quartier, comme je l'ai dit  vous n'aurez que l'embarras du choix ! .

Publié dans Théatre

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