SERENA et moi (2nd épisode)

Publié le par CERISETTE

SERENA et moi (2nd épisode)

(ce post est une fiction)

Bref, on arrive à la fin de cette soirée de mariage, on est vannés, et Serena veut absolument dormir avec moi dans le coin de canapé que je m’étais repéré spécialement pour finir.

Les américains disent qu’il y a trois étapes à franchir dans la séduction. On avait déjà passé la première : s’embrasser sur la bouche. On en restés là, comme il se doit, on était trop claqués, on avait trop bu. Mais j’avais gardé en mémoire les frissons d’émotion qui m'avaient envahi quand elle avait dessiné des losanges avec son doigt le long de ma colonne vertébrale. Et on s’est revus, plus au calme, quelques jours plus tard.

Serena a voulu sauter la seconde étape, qui devait être, toujours selon les américains qui codifient à peu près tout (la séduction, c'est un entretien d'embauche chez eux), fellation-cunni. Et elle me rejoignait chez moi, elle avait dit qu’elle préférait venir chez moi parce que « c’était plus central ». Je ne lui avais pas demandé son adresse mais je l’ai crue. Chez moi, c'est toujours plus central quand on ne veut pas s'éloigner de chez moi! On avait prévu de sortir quelque part. Restau, ciné, ou restau seul peu importe, on avait bien pensé à un prétexte pour les avant préliminaires.

Seulement voilà, à peine entrée, elle m’a dit qu’elle n’avait pas beaucoup de temps, et qu’en conséquence, elle préférait qu’on passe tout de suite à l’action. On a donc sauté  les étapes intermédiaires.

Et là, mes amis, croyez-moi ou pas, mais c’était un vrai  feu d’artifice. Je ne saurais d’ailleurs pas décrire, mais c’est sûr on se comprenait physiquement. Comment elle m’avait calculé, j’en revenais pas !. Elle chorégraphiait toutes les positions, elle était d’une habileté et d’une maîtrise de soi (de moi ?) parfaite. Sans rien révéler (non mais, espèces de voyeurs !), un petit détail m’a littéralement achevé : elle avait écrit un pense bête sur sa main gauche. Juste trois signes comme +, o, *. Ça faisait à la fois naïf et mystérieux, totalement craquant, et ça m’a fait un effet puissant.   

Ce soir-là, ma petite princesse était pressée, comme elle l’avait annoncé dès l’entrée,  et elle ne pouvait pas rester la nuit. Pas de problème, c’est mieux, je me suis dit en m’endormant tout seul dans son odeur de cheveux, au moins elle n’est pas du genre à chercher une coloc.

Pour avancer dans mon histoire, je passe sur les 5 ans suivants. Brillantissimes pour ma vie sexuelle, nulles pour ma vie sociale. Pas une seule fois elle n’a eu le temps d’aller au restau ni autre part avec moi. Elle venait en UBER et repartait sitôt après le feu d’artifice sexuel. Mes copains me disaient que j’étais en train de me faire avoir et je le sentais bien comme ça moi aussi. Mais comment je me faisais avoir, ça, je n’en savais que dalle. Après tout, j'étais comblé. Vous auriez vu quelque chose à ma place ? Je constatais bien qu’elle ne venait que pour le sexe, et que c’était pas très habituel pour une nana. Mais c’était pas du tout désagréable, elle y mettait de l'énergie, de la sensibilité,une grande capacité d'empathie, de l'écoute, de la sincérité .

Elle ne venait chez moi que pour le sexe, vous le croyez ? Je ne suis pourtant pas Rocco Siffredi, et je n’ai pas non plus le charme doucereux de Tom Cruise. Il fallait peut être qu'elle y trouve autre chose, du moins c'est ce que j'imaginais.

Total, au bout de cinq années de folies et pirouettes sexuelles en tous genres, un beau jour, après la fête amoureuse, en se rhabillant, et même en boutonnant son jean très précisément, je l’entends qui dit ça, à haute voix et sans aucune hésitation :

  • "Au fait j’ai quelque chose pour toi. Voilà c’est la dernière fois qu’on se voit, je ne t’ai jamais aimé, comme tu as pu le voir. Bonne route à toi, ciao!".

Et elle est partie, elle a refermé la porte comme ça, me laissant sans voix, sidéré par sa détermination, et incapable du moindre geste pour la retenir.

Franchement, j’ai passé des mois sans faire l’amour. Je me suis bloqué. Mais alors complètement éteint, rien, nada, plus d’envies, plus de goût. Je ne regardais plus les filles. Elle m’aurait laissé un pourboire que ça n’aurait pas été pire !

Voilà où j’en étais resté, métro, boulot, dodo, rien de plus. J’ai plus sorti la tête de l’eau pendant des années.

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Au boulot, je viens de voir passer un gars des RH. Il est venu avec un casque de chantier. Il m’a dit : « C’est bien toi qui a commandé ce casque ? ». J’étais interloqué, non j’avais pas commandé un casque, j’avais juste revendiqué d’être placé avec mon équipe de commerciaux et si possible pas en face des toilettes. Et lui, s’est marré : « Ah OK, c’est pas la première fois qu’on me fait le coup. C’est la RH. Dès qu’elle sait que quelqu’un se plaint, soit du bruit soit de son emplacement, elle trouve une solution qui consiste à isoler le type un peu plus. Le casque anti-bruit, c’est ça. Ça ne t’aurait pas protégé des odeurs et du mouvement, mais c’était censé, selon la cheffe, te permettre de te concentrer sur ton travail , puisque t’avais dit que tu pouvais pas».

J’ai renvoyé le casque au diable. Vous croyez pas qu’on vit dans une société qui me devient de plus en plus étrange ?

La nouvelle nana que j’ai rencontrée a intérêt à y aller mollo avec moi, je commence à devenir un grand traumatisé de la vie et si ça continue, je finirai dans une cabane en bois, loin de tout..mais peinard.

Publié dans Litterature, Humeurs

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