Ich bin Charlotte (Théâtre de poche)

Publié le par CERISETTE

Ich bin Charlotte (Théâtre de poche)

L’auteur de la pièce, Doug Wright est né en 1962 à Dallas.. Il écrit « I Am My Own Wife »  (nom de la pièce en anglais) d'après ses propres recherches et ses entretiens sur  et avec Charlotte von Mahlsdorf, un personnage vrai, connu pour son musée d’objets anciens et pour sa présence sur la scène culturelle de Berlin. Ce texte a remporté plusieurs récompenses : le Pulitzer Prize for Drama, le Tony Award, le Drama Desk Award, etc…

Ce récit a été joué lors du dernier festival d’Avignon. Charlotte von Mahlsdorf, né Lothar Bergelde, est né à l’aube du Troisième Reich. Fils d’un militant du Parti Nazi, travesti dès 16 ans, il a traversé les violences du régime nazi et les persécutions des communistes et de la Stasi. . Après la guerre, il se choisi le nom de  Charlotte von Mahlsdorf, du  nom du quartier de Berlin-Est où il vit.

C’est là, après la chute du mur de Berlin que, l’auteur, Doug Wright , prend contact avec lui pour une série de conversations qui lui permettent de retracer sa vie, et, au passage, « la » vie sous deux régimes totalitaristes dont ce travesti homosexuel incarne la critique la plus radicale.

Ce que j’ai particulièrement aimé :

- Les scènes du théâtre de poche sont minuscules, et les spectateurs sont donc nez à nez avec les acteurs. Toute approximation, toute erreur, tout défaut sont vus sous la loupe. Le décor est ici construit comme un cabinet de curiosités (avec des miniatures des objets collectionnés par Charlotte) et de nombreux gramophones qui nous emmènent dans un monde disparu, plein d’objets à découvrir, une sorte de palais d’Ali Baba.

- la mise en scène sert la fantaisie et l’excentricité du personnage central, son élégance, sa légèreté, sa grande politesse, son urbanité malgré les circonstances effroyables de sa vie.

- Ce récit nous donne à voir une trentaine de personnages, restitués avec humour par Charlotte von Mahlsdorf. Son étrangeté et sa préciosité apparente fascinent immédiatement le spectateur.

- Thierry Lopez, l’acteur, se livre à une performance totale. Seul en scène et dans un rythme soutenu, il parvient à représenter avec virtuosité, et sans que cela paraisse artificiel, tous les différents personnages de sa vie : sa tante, sa mère, son père, les officiers russes, ceux de la Stasi, l’auteur américain, son ami collectionneur etc…C’est tout à fait remarquable et tout sonne juste, c’est dire si l’acteur est au top. .

- Mais le personnage central c’est Charlotte, un travesti en robe longue noire et austère, qui cache une tenue de femme en slip moulant avec porte-jarretelles, bas résille, et talons aiguilles. L’acteur reste perché sur ces talons pendant tout le spectacle (ce qui me semble déjà une performance physique) et réussit ce tour de force d’allier étrangeté et vérité, sans fausse note ni vulgarité.  .Il incarne la subversion de l’ombre, qui échappe à toute définition, à la morale comme au bien et au mal. Décoré en 1992 de la croix fédérale du mérite pour avoir soutenu la communauté homosexuelle, on lui reprochera ensuite une supposée complicité avec la Statsi, jamais vérifiée.

Mais surtout, cepersonnage, (et la vraie Charlotte), est contraint, à la fin de sa vie, de s’exiler en Suède à cause de l’arrivée en Allemagne des néo-nazis qui s’en prennent à elle. De nouveau….

 

voilà la vraie Charlotte

voilà la vraie Charlotte

Publié dans Théatre, spectacles

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