Le cul de la crémière

Publié le par CERISETTE

Le cul de la crémière

J'en ai assez des questions de pénurie du beurre, (j'ai interrogé autour de moi et personne n'en sait rien);   Je suis donc partie enquêter pour y voir clair et voilà ce que j'ai trouvé:

 

Les Chiffres

Vous savez combien nous avons de vaches en France ? 3,6 millions de vaches laitières sur un total de 20 millions de vaches.

S'agissant du lait, dans le monde on produit grosso modo 800 millions de tonnes de lait par an (dont 25 millions de tonnes en France). La production mondiale a tendance à augmenter. Il n’y a donc pas de pénurie de lait sur la planète même si la production française baisse régulièrement ces dernières années. C’est l’Inde qui produit le plus de lait à l"échelle mondiale.

Il faut 22 litres de lait pour produire un kg de beurre et la France produit 400 000 tonnes de beurre/an. La production a diminué un peu en France en 2016, mais on peut considérer qu’elle reste stable si on envisage les 5 dernières années.

On exporte 100 000 tonnes de beurre et on en importe 200 000 tonnes. Cette balance déséquilibrée montre :

  • Qu’on ne produit pas assez de beurre pour notre propre consommation,
  • Qu’on ne produit pas assez de beurre bon marché pour pouvoir exporter.

Le prix du beurre est passe de 3000 euros la tonne en 2016 à 7000 euros la tonne en 2017. (Je n'ai pas compris pour quelle raison au juste)

Ou je n'ai rien pipé à l'économie, ou cette hausse des prix devrait singulièrement nous favoriser.

La vie des vaches

Une vache produit entre 20 et 25 litres de lait par jour sur 8 à 9 mois. A titre de comparaison une brebis ne produit que 2 litres de lait/jour. Pour qu’une vache produise du lait, il faut qu’elle ait un bébé à nourrir. Donc il faut l'inséminer tous les ans, et tirer le lait. La vache se "repose" 3 mois/an.

Sélectionnée génétiquement pour produire toujours plus de lait, une vache produit aujourd’hui en moyenne 8 400 litres de lait par an soit 3 fois plus qu’en 1950. (et oui, c'est la manipulation du vivant!).

« Pendant leur grossesse, les vaches laitières continuent à être traites ; elles sont donc simultanément exploitées pour le lait et leur veau. Le scientifique John Webster estime que cet effort épuisant fourni quotidiennement par leur organisme reviendrait, pour un être humain, à l'énergie dépensée par une course folle de six à huit heures par jour. »

Après une moyenne de 2 ou 3 vêlages et une production de lait intensive, épuisées, malades, blessées ou stériles, les vaches sont conduites à l’abattoir : 40% de la viande dite "de bœuf" provient en fait des vaches laitières. » ( sic L 214).

Nous buvons le lait et mangeons la viande de pauvres bêtes exploitées qui n’en peuvent tellement plus qu’on est obligé de les abattre prématurément. Une vache normale vit 20 ans en moyenne mais une laitière est abattue à 4/5 ans, complètement essorée si j'ose dire.

Je ne cherche pas à attendrir avec la vie des vaches, je sais qu’il y a plein d’autres détresses sur terre, mais je veux juste qu'on sache bien.

Il faut ajouter que des bêtes ainsi exploitées développent des tas de maladies : Les vaches n'étant absolument pas faites pour produire les quantités aberrantes de lait qu’on leur demande, finissent par avoir des infections à répétition du pis, qu'on appelle mammites.(une horreur, c'est du pus..).

L’argent du beurre

Malgré les rayons quasi vides des super marchés, personne ne croit (à juste titre) à la pénurie du beurre.

Comment a-t-on réussi à faire disparaître le beurre d’un pays qui est sixième producteur mondial de lait ?

Les chinois ?

https://img.aws.la-croix.com/2017/10/23/1200886517/_1_680_346.jpg

Oui les chinois importent plus de beurre, mais ce n’est pas nouveau. Et ils ne pourraient pas manger tout le beurre de la terre.

La réduction de la production imposée par l’Europe ?

Oui les pays de l’Union européenne ont, pendant de nombreuses années, pâti d’une surproduction de beurre. Ils ont donc incité leurs éleveurs à produire un lait moins riche en matière grasse (qui sert à faire le beurre et la crème) et plus riche en protéines (pour le lait liquide et la poudre de lait). Résultat on a des stocks de poudre de lait qu'on n'utilise pas ....

Il ne s’agirait pas d’une sombre histoire de contrats avec la grande distribution?

Oui, je pense que c’est ça le hic.

La grande distribution refuse d'augmenter, en cours de saison, les tarifs négociés en février dernier. Il y a une trop grande rigidité dans les négociations, détaille Alain Le Boulanger, délégué pour l'Ouest de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil). Alors qu'en Allemagne le prix de la plaquette de beurre a augmenté de 50% en un an, elle n'a augmenté que de 12% en France."

Et, pour l'instant, les négociations sont au point mort. 

Les contrats avec les industriels sont assez courts et peuvent être renégociés tous les six ou trois mois. "Ces contrats ne sont pas renouvelés pour l'instant et c'est pour ça que les distributeurs ne sont plus achalandés ».

Compte tenu de la montée des prix, il vaut mieux fournir le marché mondial.

Et donc voilà pourquoi votre fille est muette : nous avons du beurre à ne plus savoir qu’en faire mais personne ne veut alimenter les super marchés à cause du prix qui a beaucoup monté et des contrats qui n’ont pas été renégociés.

Le cul de la crémière

Publié dans Humeurs

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Paolini 28/10/2017 14:57

Vive le pesto alors! !!!!
Avec le café. ...évidemment. ...y a un hic.....

CERISETTE 28/10/2017 16:04

ou bien faire sa cuisine à l'huile en attendant que ça se débloque. Mais je n'ai pas bien résolu la question de la hausse vertigineuse du prix du beurre. Vous zavez des idees?