Je ne crois ni au ciel ni à ses seins

Publié le par CERISETTE

Je ne crois ni au ciel ni à ses seins

 « Octobre rose, octobre rose ! Ils m’énervent tous avec les rubans roses ». On aurait lutté toute sa vie pour la dignité des femmes, pour la reconnaissance de leurs droits, pour leur émancipation et on se retrouve avec des rubans roses, des nœuds/nœuds dans les cheveux !

Ceci étant, je vais pas en faire une maladie, mais m’intéresser plutôt à l’utilité de cette fondation qui tous les ans, vient nous empoisonner la vie avec des courses, des gadgets, et surtout des appels aux dons !

Je serais bien d’accord de soutenir cette « CAUSE » si seulement j’en voyais , j’en avais vu les résultats…

Pour commencer par le commencement, on va se poser les questions de fond.

1- C’est quoi la cause « Soutenir la recherche contre le prunôme du sein » ? (prunôme, c’est le nom que j’ai donné à ce truc en forme de boule qui vient se loger notamment dans le sein).

Octobre rose, ça fait 25 ans que ça dure, et qu’est ce qui s’est passé ?

Les STATS, toutes issues d’Octobre rose :

L’astérisque précise qu’il s’agit du taux de survie à 5 ans. Si on compare avec les chiffres, on s’aperçoit que le nombre de femmes atteintes a considérablement augmenté en 20 ans et que la mortalité montre, que les décès surviennent dans les 6 à 7 ans.  Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a une réelle évolution quand on comprend que les taux de survie sont tous relatifs (5 ans, ça passe vite).

En France, plus de

54 000

femmes

diagnostiquées
chaque année

 

Près de

12 000

décès

chaque année

 

les femmes

Je ne crois ni au ciel ni à ses seins

Pour mieux comprendre, il faut prendre encore plus de recul. Le mieux dans une maladie, c’est qu’elle ne survienne pas. Or, les chiffres sont plutôt alarmants :

Sein : évolution depuis 30 ans soit de 1985 à 2015

+56,3% chez les femmes

La fréquence des c*****s du sein en France stagne ou continue à augmenter chez les femmes de moins de 50 ans, alors qu’elle recule chez les femmes plus âgées.

L’incidence globale du c***** du sein en France – le taux de nouveaux cas par an et par tranche de 100 000 habitants – diminue légèrement depuis 2005, après trente ans de forte augmentation. (Le Monde)

Bon, ces chiffres ne sont là que pour montrer l’impuissance médicale face aux facteurs environnementaux et aux habitudes de vie probablement favorisant les prunômes.

2- La recherche, ça a donné quoi ?

Je vais donner un ou deux exemples de pratiques médicales pour bien situer le problème de la recherche. (exemples tirés de Siddhartha Mukherjee, L’Empereur de toutes les maladies Flammarion 2013).

Fin XIXème siècle, un chirurgien nommé Halsted, professait qu’il ne fallait pas faire preuve « de gentillesse déplacée », et traiter le prunôme du sein par une chirurgie radicale qui allait jusqu’à creuser le plus loin possible dans la poitrine des femmes, en taillant dans la clavicule et en mutilant complètement le corps des patientes. Estropiées, et peut être pour rien (car les survies n’étaient pas légion après quelques mois), ces femmes font partie des obscures héroïnes auxquelles la science ne rendra jamais hommage, et ce, d’autant plus que cette chirurgie s’est révélée stupide. Je me demande, si, comme la plupart, elles ont cru à ces médecins de l’horreur, si elles ont donné leur accord pour « guérir » ? Car comment, sans un minimum d’espoir, supporter de telles cruautés ?

Autre exemple :

Un médecin officiant au Children’s Hospital (Farber) qui travaillait sur la leucémie, injecta de l’acide folique (pas un poison à priori) à des enfants.  Ceux-ci se virent rejoindre illico presto le camp des morts après que leurs globules blancs aient éclaté dans leur corps. On est surpris, s’agissant d’enfants….

Certes, cela ne se fait plus…..mais tout de même….cela a été possible….pas chez les nazis….

3- Il faut bien être solidaires

Alors là je réponds quelle solidarité ? Nous avons vécu la maladie,  entourés d’amis et de nos proches, mais seuls. Car cette maladie, encore mieux que d’autres, c’est l’expérience de la solitude absolue.

Il était où ce fichu ruban rose ? Pas vu du tout, et même en cherchant, il n’y avait personne au bout du ruban.

Est-ce que j’ai une CAUSE à défendre ? Que nenni, je ne vois pas laquelle.

Je ne vois que de la COM à longueur de journaux, je ne vois que des femmes qui posent seins nus avec une cicatrice, je ne vois rien de concret face aux malades. Je ne vois que de la pub à outrance, et je n’y contribuerai pas. On se donne bonne conscience, on fait la dame de charité, on donne son obole. Mais pour quoi faire? Cette fondation n'est présente nulle part, et n'a pas pas été là pour moi.

Je n’ai pas besoin de ruban (ou d’étoile, ça me parait plus parlant pour ce que je veux dire) pour m’aider à surmonter les affres du prunôme. Je n’ai pas besoin d’acheter quelque chose pour aider les autres. Il me semble que la maladie touche si près de nous, qu’on n’a qu’à ouvrir les yeux pour savoir de quoi ont besoin les malades, et je suis certaine que ce n’est certainement pas d’une carte de crédit rubantée de rose, d’une montre ruban rose, et même d’un bijou rose. Que tout ce rose aille au diable !  

 

Et il m’est beaucoup plus intéressant de me pencher sur Octobre rouge en cette année de centenaire, non pas que je sois une fanatique, mais c’est plus productif de revoir l’histoire de cette révolution à un tournant de nos vies comme celui que nous traversons aujourd'hui.

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Publié dans Humeurs, santé

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PAOLINI 27/10/2017 17:23

Vraiment personne au bout du ruban rose?

CERISETTE 27/10/2017 17:29

celle qui était là n'avait pas de ruban rose! et j'espère qu'elle est bien toujours là....en tous les cas, elle continue à vivre près de moi et je la remercie du fond du coeur