Qu'ont ils voulu nous dire?

Publié le par CERISETTE

Qu'ont ils voulu nous dire?

En direct du néolithique, le Cairn de Gravinis, une beauté hallucinante....

Vu dans le Golfe du Morbihan et encore sous le choc, je raconte ce que j'ai vu. Le Cairn de Gravinis, une merveille mondiale.

Sur la préhistoire:

Je ne me souviens jamais bien (à cause de mon inculture) des différentes périodes de la  pré histoire.

Donc je vais bien simplifier

D’abord, au tout début, c’est la vieille pierre (eh oui, personne ne s’est arraché les cheveux à inventer des appellations fantasques) : c’est donc le paléolithique (palaios : vieille, ancienne ; lithos : la pierre).

L’homme est apparu il y a 3 millions d’années, dont l’homo abilis (jusqu’en – 300 000 ans) puis le sapiens. Je dis à peu près parce qu’on ne sait pas bien précisément.

Pendant tout ce temps (donc 2.8 millions d’années, c’est 95% du temps de vie de l’homme jusqu’à maintenant), les humains (à peine des hommes donc) ont cueilli des fruits (j’allais dire des fleurs !), et chassé de la viande qu’ils ont mangé crue.

Ils n’ont inventé le feu qu’en – 400 000 ans, ils ont donc vécu plus de 2 millions d’années en dévorant des charognes ou de la viande juste tuée. Quelle galère quand on y pense !

Ils ont, tardivement certes, commencé à apprivoiser le chien, à partir du loup, mais juste parce que cet animal leur servait pour chasser.

Après cette période, il y a les mésolithique entre – 12000 et – 5000, mais je ne vois guère de différences, si ce n’est la transition, entre cette période et celle qui la suit (sur les mêmes dates, il y avait un peu de recouvrement) le néolithique.

Nous arrivons donc à la grande révolution de l’agriculture et de la sédentarisation.

Les hommes fabriquent de belles armes en pierres polies. Voilà qu’on cultive des céréales, et qu’on élève des chèvres, des moutons, des cochons et même des bovins (je ne crois pas que ce soit la vache déjà).

Ils peuvent fabriquer de jolis vases, des brûle parfums, des récipients pour conserver les aliments et pour les faire cuire sans carboniser. Pas de four à céramique en revanche et pas de tour de potier. On roulait des colombins de terre qu’on faisait cuire dans un trou creusé dans le sol.

Les femmes ne gardent pas leurs bébés au sein, et font donc plus d’enfants (un baby boom !).

On vit dans des maisons en pierres ou en torchis, regroupées en villages.

On se souvient d Ötzi’, « Homme des glaces » découvert congelé dans un glacier des Alpes, vieux de 5300 ans c'est-à-dire de la fin du Néolithique européen. Il portait des mocassins de peau d’ours, une veste en cuir de veau et de chèvre, des jambières, des flèches, des armes en silex.

Sur le cairn de Gravinis

C’est exactement la période du Cairn de Gavrinis, sur l’ile du même nom, à 10 mn en bateau de Larmor-Baden, un petit port qui ferme presque le golfe du Morbihan. Enfin, à l’époque (il y a plus de 5000 ans), ce n’était pas une île, la terre a été recouverte par la mer entre temps.

Malgré tout, il fallait quand même franchir une rivière pour atteindre le site et c’est important pour la suite de l’histoire.

Ces hommes-là, dont on ne connait pas la vie, ni même les croyances, car il n’y a bien sûr aucune écriture, ont trouvé bien de pousser/tirer/tracter/faire rouler d’énormes blocs de pierre, du granit dont on fait les menhirs d’Obelix.

Et ce cairn, c’est une sorte de tumulus, une motte, pas de terre mais de petits cailloux, dont on a recouvert l’espace ainsi créé.

Il s’agit d’une sorte de tunnel, haut de 1 mètre 50 à 2 mètres, long d’une dizaine de mètres, dont les parois sont justement ces grandes pierres posées les unes à côté des autres et recouvertes d’un plafond terriblement lourd, d’autres immenses blocs plats en équilibre entre deux pierres dressées. Au fond du tunnel, une chambre de 25 à 30 mètres carrés, complètement dallée de chaque côté et aussi bien au sol qu’au plafond par ces lourdes pierres.

Le truc, c’est que tout est absolument gravé, minutieusement, de sortes de rayures, pas toutes figuratives, qui évoquent plutôt des empreintes digitales, d’énormes empreintes, tracées méthodiquement sur ces immenses pierres.

Personne ne sait à quoi cette construction pouvait bien servir, pas de tombe en tous les cas, car il n’y a été trouvé aucun ornement funéraire, aucune trace de quoi que ce soit.

Le site a été fermé vers -3000 avant JC, après un incendie devant l’ouverture et son accès a été condamné intentionnellement pour des siècles. On a découvert l’ouverture seulement en 1832.

Prosper Mérimée, inspecteur des sites dira : « Ce qui distingue le monument de Gavrinis de tous les dolmens que j’ai vus, c’est que presque toutes les pierres composant ses parois sont sculptées et couvertes de dessins bizarres. Ce sont des courbes, des lignes droites, brisées, tracées et combinées de cent manières différentes ».

De quoi parlaient les hommes de cette époque ? Pourquoi ont-ils pris ce soin de graver entièrement ces pierres ? Il semblerait que chaque pierre soit exécutée d’une main différente, alors se pourrait-il que ce soit la marque des différents villages du coin ?

Il a fallu le travail de 100 personnes pendant 3 ans pour mener à bien cette construction. C’est vraiment le signe que ce monument revêtait une importance particulière.

Sur le mystère:

Bien sûr, c’est très émouvant de lire, sans rien comprendre, les traces des hommes de cette époque. Même si, à l’échelle de la terre, 5000 ans, ce n’est rien, c’est l’ultime dernière seconde du monde, et à l’échelle de l’espèce humaine, c’est le dernier 1% du temps.

Mais que de chemin parcouru ! En si peu de temps finalement ! Et nous qui pouvons déchiffrer les étoiles, sommes tous penauds devant les traces de nos ancêtres dont nous ne pouvons plus rien interpréter, plus rien entendre, plus rien percevoir.

Que voulaient-ils dire ? Que voulaient-ils nous dire ? Il fallait bien avoir une sorte de sentiment d’éternité pour accomplir une telle prouesse technique et architecturale, non ? Est-ce que, dans 5000 ans, nos successeurs resteront aussi cois que nous le sommes face à nos propres traces ? Il n’est pas dit d’ailleurs que nos traces soient aussi durables que celles que ceux-là ont imprimées dans la pierre, avec si peu d’outils. Nous, nous avons le « cloud », mais c’est comme son nom l'indique, un nuage, qui passe…

Qu'ont ils voulu nous dire? Qu'ont ils voulu nous dire?
Qu'ont ils voulu nous dire? Qu'ont ils voulu nous dire?
Qu'ont ils voulu nous dire? Qu'ont ils voulu nous dire?
Qu'ont ils voulu nous dire? Qu'ont ils voulu nous dire? Qu'ont ils voulu nous dire?

Publié dans Voyages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article