Camille Pissarro

Publié le par CERISETTE

Camille Pissarro

C’était le premier des impressionnistes et le copain de Manet, Monet, Cézanne, Gauguin, Seurat, Signac, Degas.

Camille Pissarro m’a surprise et j’ai découvert, non pas seulement le peintre, mais l’homme débonnaire et délicat qu’il a pu être.

Connu partout certes, mais, je crois, pas suffisamment connu finalement. La preuve : ses œuvres sont dispersées dans le monde entier.

Grâce à deux expositions au Luxembourg (musée du Luxembourg au Sénat) et à Marmottan-Monet, nous avons pu voir toute son œuvre, du moins les tableaux les plus marquants.

Il est né dans les Antilles Hollandaises (non Danoises car il est resté Danois toute sa vie) en 1830 et mort à Paris en 1903. Ses ancêtres sont des juifs marranes qui ont fui l’inquisition au Portugal.

Déjà c’est un peu particulier comme destinée. Un de ses premiers tableaux est la représentation de deux femmes antillaises au bord de la mer. On ne l’imaginait pas, tellement on avait en tête les tableaux impressionnistes qui marquent son œuvre.

En plus, chaque fois que je me figure Pissarro, je pense à un vieil homme à barbe blanche, un vieux sage, comme Claude Monet dans sa dernière période. Alors oui, c’était bien un patriarche à barbe blanche (selon les goûts de l’époque) mais…qui l’eût cru ? C’était un anarchiste !

Il s’est dit libertaire avant tout, et profondément libre penseur, adepte de Bakounine, et Proudhon, communard, combattant de l’antisémitisme dans l’affaire Dreyfus.

Enfin, je crois que son engagement a été plus romantique que véritablement actif, mais il est touchant. Il s’interroge par exemple sur des questions comme : l’art peut-il être anarchiste ?

Néanmoins il a réalisé une série de dessins qui montrent la condition épouvantable des pauvres gens de son temps….des dessins pas loin de François Villon, (à des siècles d’intervalle) où l’on voit des pendus, des mendiants, des clochards, des ouvriers pauvres, des femmes à la peine, des mômes en haillons.

J’en comprends que notre ami Pissarro semblait être plein d’empathie pour les misères et les miséreux de son temps. D’ailleurs, tous ses tableaux de paysages sont animés, il y a des personnages partout, rien n’est jamais désert, même à la fin de sa vie.

Ses portraits sont simples et doux, les jeunes paysannes en sabots deviennent des princesses endormies, il a l’art de la « sensation », du sensible, de la lumière.

A 10 mètres on « ressent » la lumière d’un matin de printemps ou les ombres d’un après-midi du mois d’août : avec la même palette, le même coup de pinceau Pissarro saisit la lumière même très subtile comme celle qui inonde un champ pris dans la gelée blanche.

La musique des tableaux vire au violet parme ou au rose, la neige luit. Ah, les paysages de neige, la boue des bas-côtés, les traces de pas, les amoncellements de poudre sur les arbres, le ciel « de cuivre », comme c’est beau !

L’exposition de Marmottan-Monet est bien plus fournie et riche que celle du Luxembourg où il n’y a « que » la vie de Pissarro, pratiquement.

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