Pour 6 euros j’ai voté à droite, à gauche et au centre

Publié le par CERISETTE

Pour 6 euros j’ai voté à droite, à gauche et au centre

Je me suis payé le luxe (relatif) de voter aux primaires de tous les bords, et cependant je vous assure que je n’ai pas trahi mes idées.

Honnêtement il me semble qu’un vent mauvais s’est levé sur le monde, alors exercer son droit de donner son avis, même de façon restreinte (on vote pour un homme/une femme/un projet et on n’est pas certaine du tout de la suite…mais c’est le jeu), c’est toujours bon à prendre, non ? cela vaut peut-être mieux que de regarder passivement la télé, vous ne pensez pas ?

J’ai écouté tous les débats, et j’ai donné mon avis en conscience : J’ai voté « contre », j’ai voté « pour » et j’ai aussi voté « pourquoi pas ». Et à chaque fois, j’étais conforme à ce que je pensais.

Je n’ai donc eu aucun mal à signer les valeurs de la droite, du centre et de la gauche.

Puisque je pouvais donner mon avis, je ne vois pas pourquoi j’aurais boudé mon plaisir. Il y avait du bon et du mauvais dans chacun des projets, du meilleur et du pire dans chacun des candidats.

Dans le cas de la primaire de la droite et du centre, le rendez-vous électoral se trouvait à la salle paroissiale. Pour la primaire de la belle alliance de gauche, il fallait se rendre à la salle communale (foyer socio-cul).

Dans tous les cas je n’ai aperçu que des gens plutôt âgés, enfin des plus de 45 ans, des seniors comme on dit maintenant. Pas un seul jeune en vue. Les élections des primaires, ça n’intéresse pas la jeune génération, il faut croire.

Je ne sais pas si l’ambiance venait de la salle elle-même, mais je peux témoigner que j’ai trouvé beaucoup de différences dans la fréquentation de l’une et de l’autre primaire.

Dames en gants et en manteaux et messieurs encravatés, confiants, avec ce sentiment de sécurité que procure la richesse, se pressaient pour voter dans l’église.

Le contact était distant (peut être que je n’avais pas le look feutré qui leur paraissait convenable- encore que j’étais bien propre sur moi), mais j’ai vu qu’ils semblaient faire des efforts pour paraître conviviaux, entre gens qui se comprennent. On a discuté un peu, du temps, et du monde qui venait voter. Puis plusieurs dames m’ont dit dans un souffle : « Votez bien, surtout Madame, ne vous trompez pas. Il faut voter Fillon ! ».

A la sortie des urnes, les personnes bien mises ne se sont pas attardées, elles sortaient de la messe, il était presque midi, la messe du matin de bonne heure étant, comme chacun sait, réservée aux personnes de service, et celle de 10 heures aux personnages qui passaient autour de moi.

Je n’ai pas vu de curé, mais aussi qui le reconnaitrait ?

On aurait pu échanger sur les impôts qui avaient flambé, sur la circulation automobile à Paris (quelle erreur d’interdire la traversée de Paris aux voitures), sur la perte des valeurs, mais ils semblaient vraiment pressés et avaient certainement jugé que je ne parvenais pas à leur niveau d’éducation et de « tenue », et que je ne méritais pas plus qu’un simple avertissement de vote.

Ambiance radicalement différente dans le foyer communal où la « Belle Alliance » semblait très simplement afficher ses couleurs avec des belles affiches posées sur les portes et qui nous invitaient à exprimer notre avis.

Tout de suite, il y avait des bonbons sur la table et les bénévoles en jeans se tutoyaient. Moins de monde pourtant dans le bureau de vote mais les gens se connaissaient et parlaient avec animation.

L’ambiance était réglée sur le « mode » bon enfant, mais il n’y avait pas non plus la liesse des grands soirs. Le monsieur devant moi m’a confié « être du centre », puis, après quelques mots sur les débats et le taux de participation, il m’a demandé : « Excusez-moi, c’est peut-être indiscret de vous demander ça. Vous comptez voter pour qui ? ». A ma réponse, il a dit qu’il allait faire de même.

Nous avons échangé avec les bénévoles en riant sur l’urne transparente et sur le nombre de suffrages à compter. La seconde fois, j’ai re-plaisanté sur le comptage : « Attention à ne pas se tromper », et tout le monde s’est marré.

Les inquiétudes se faisaient jour parmi les votants : « moi je suis venu voter pour éviter que le FN se sente en position de force ».

« Si on peut encore sauver quelque chose… ».

Pas d’espoir fou donc, pas non plus de complet désarroi. C’est un peu tout le monde qui est venu, la population n’avait pas l’air redoutablement engagée, ni militante.

Voilà, mon aventure d’électrice sincère et motivée à droite, au centre et à gauche.

Pour 6 euros j’ai voté à droite, à gauche et au centre
Pour 6 euros j’ai voté à droite, à gauche et au centre
Pour 6 euros j’ai voté à droite, à gauche et au centre

Publié dans Humeurs

Commenter cet article

Richard 30/01/2017 14:24

Peut-être est ce la différence entre Paris et la province ?

CERISETTE 30/01/2017 19:44

merci de ton commentaire je ne suis donc pas seule à avoir voté dans tous les sens!

Richard 30/01/2017 14:23

Perso, j'ai fait de même et dans les deux cas j'ai rencontré une majorité de jeunes (18-30ans)
Peut-être est ce

Claire-Marie 29/01/2017 21:53

Quel article !!! je suis contente de voir que je fais partie des gens plutôt âgés ... quelle claque ...
Tu as raison... vote cerisette ! vote ! ton avis est important et décisif pour que cette démocratie tourne bien rond... ou plutôt tourne en rond...
Je t'embrasse ma belle électrice.

CERISETTE 30/01/2017 08:56

merci, merci, je suis contente que tu réagisses! bisous